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De 1870 à 1939, le meuble français revêt des visages multiples ; le manque de recul ne nous permet sans doute pas de juger sainement les tentatives de renouvellement qui se sont succédé pendant ces trois quarts de siècle. Un fait est certain, le grand public se désintéresse de la lutte que mène courageusement un petit groupe de précurseurs pour doter (...)
Les sièges confortables sont le triomphe non des ébénistes mais des tapissiers. On peut dire que l’époque Second Empire est caractérisée par ces sièges entièrement recouverts d’étoffe, capitonnés, « juponnés ». Le crapaud, petit fauteuil bas et trapu, était n à l’époque précédente. Sa brillante carrière se continue et les étoffes les plus chatoyantes (...)
C’est dans ce domaine que l’ingéniosité des ébénistes apparaît le plus clairement. Une vraie débauche de sièges de toute facture envahit les intérieurs. Les modèles anciens sont à peine reconnaissables, car les roulettes, le capiton et l’adjonction de passementerie se généralisent. On fait appel à toutes les essences de bois ; mais ce n’est encore pas (...)
La famille des tables est extrêmement nombreuse et variée. Toutes les dimensions existent, tous les styles ont servi de modèle. Les grandes tables de salle à manger sont de style néo renaissant tandis que la multiplicité des petites tables imitent plus volontiers le style Louis XV ou Louis XVI. Aussi, table à thé, à jeu, à ouvrage peuvent reposer sur (...)
Buffets, encoignures, commodes à l’anglaise, bas d’armoire se fabriquent en néo renaissant, en « Boulle », en « Riesener ». Comme toujours, l’imitation d’un style n’a rien d’absolu. Un bas d’armoire « Riesener » à structure rectiligne est agrémenté d’un décor de fantaisie qui n’a rien de Louis XVI ni dans le dessin, ni dans les matériaux employés. Les vantaux (...)
Deux notions nouvelles président à l’agencement des intérieurs des meubles copiés sur des styles différents peuvent voisiner dans un même ensemble ; le nombre de pièces de mobilier a très sensiblement augmenté et les intérieurs sont tellement encombrés de meubles qu’on peut à peine circuler dans le dédale des petites tables, des chaises volantes et des (...)
Il peut sembler curieux de parler de décor propre au Second Empire puisque tous les éléments en sont empruntés aux styles du passé. Cependant, les ornemanistes ont choisi dans chaque grammaire ornementale un certain nombre de motifs et en ont en quelque sorte spécialisé l’emploi. A l’avènement du prince Napoléon, le style le plus en vogue est celui de (...)
Les beaux meubles sont encore admirablement construits et utilisent des matériaux de choix. L’acajou déchu du rôle de premier plan qu’il tenait depuis Louis XVI, ne sert plus à fabriquer que des meubles courants. Le palissandre et l’ébène remportent tous les suffrages. Ces bois noirs solennels font admirablement ressortir les ornements et les tissus (...)
Ces fantaisies de dessinateurs ne sont pas sans influencer le meuble usuel. Cependant, le mobilier de la majorité des contemporains de Louis Philippe n’est ni néo gothique ni néo renaissant et encore moins de style chinois ou égyptien ; il est dans la ligne du mobilier de la première Restauration. Il faut noter toutefois quelques modifications. Tout (...)
Le rôle des dessinateurs devient primordial ; à toutes les époques, les ébénistes se sont inspirés des ornemanistes ; mais à partir du moment où l’on demande au mobilier de faire revivre une époque révolue depuis plusieurs siècles, il est absolument nécessaire d’appuyer ses créations sur une documentation solide. Seuls les dessinateurs peuvent aller relever (...)
Cette courte période marque un tournant décisif dans l’art du mobilier. La première Restauration avait réalisé un habile compromis entre l’art du XVIIIe siècle et les exigences de la société nouvelle. L’époque Louis Philippe rompt avec les usages de l’Ancien Régime et crée des meubles qui sont le reflet exact des préoccupations non seulement artistiques (...)
Ils seraient de formes multiples si l’on en croit l’abondante terminologie des contemporains. En fait, ils se ramènent comme sous l’Empire à deux types : le lit à montants rectilignes en forme de pilastre ou de colonne et le lit bateau dont un des meilleurs exemples est celui, conservé au Musée des Arts décoratifs, fabriqué par Lemarchand, en (...)
Les sièges A mesure qu’on s’éloigne de l’Empire, les sièges sont de structure moins massive et moins rectiligne. Ils deviennent plus maniables et plus confortables. De très nombreux types de sièges existent, soit qu’ils imitent avec quelques modifications ceux de l’Empire, soit qu’ils reproduisent des formes empruntées à des époques plus lointaines. La (...)
Le décor froid et symbolique de l’Empire subit rapidement des transformations. Tout autant qu’aux structures et aux vives colorations, c’est au décor que la Restauration demande d’apporter une note de gaieté et de familiarité. Les animaux fabuleux et fantastiques que l’Empire affectionnait battent rapidement en retraite ; chimères, griffons, dauphins, (...)
La perfection technique des meubles Restauration a souvent été vantée. C’est la dernière période où le machinisme n’envahit pas la fabrication du meuble. Placage, marqueterie, incrustation n’ont plus de secret pour les artisans d’alors. L’outillage s’est amélioré, les vieilles traditions antérieures à l’abolition des corporations se sont maintenues. Si (...)
Ce qui caractérise le meuble Restauration, c’est la multiplicité des tendances. Tout se fait, rien ne s’affirme. jusque la, le goût personnel des souverains avait orienté les créations artistiques. En effet, les commandes du garde meuble royal ou impérial encourageaient certaines nouveautés et ainsi, depuis François Jer, l’influence du monarque n’avait (...)
La psyché est une des créations les plus heureuses de l’époque impériale. La manufacture royale de glaces de Saint Gobain avait dès le début du XVIIIe siècle réussi à fabriquer des glaces d’assez grande dimension, mais ce n’est qu’après 1768 que, grâce à des procédés mécaniques, la production de grandes glaces devint courante. L’art du meuble bénéficiera (...)
Les grandes tables Empire sont rondes. Les plus banales ont un lourd disque de bois comme plateau. Cependant l’Empire utilise aussi des matériaux peu courants dans l’art du meuble : outre le marbre, on rencontre malachite, porphyre, mosaïque (table des maréchaux à Malmaison), porcelaine, verre. Ces matériaux sont employés seuls ou bien ils sont (...)
L’Empire n’exploite pas toutes les ingénieuses créations du xvIIIe siècle : un certain nombre de types de meubles et de sièges inventés au cours du xvme siècle, seront abandonnés. N’ayant pas pour but de s’adapter aux besoins d’une vie intime et voluptueuse, le mobilier Empire ne retient dans l’héritage du xvjiIe siècle, que les meubles essentiels. On (...)
Décor Les thèmes ornementaux utilisés sous l’Empire sont rarement neufs. Le Directoire avait mis à la mode un certain nombre de motifs puisés dans l’Antiquité. Percier et Fontaine, théoriciens austères, habitués à l’ordonnance majestueuse des monuments antiques ont discipliné, assagi les éléments de cette nouvelle grammaire ornementale. Au nom de la (...)
Le bois (placage, incrustation) L’acajou est le bois le plus employé malgré les difficultés d’importation : il venait de Saint Domingue alors révolté contre la France, et les mers étaient tenues par les Anglais. Dès i8oi, Charles Landon, dans ses Annales du Musée, fait campagne pour les bois indigènes. « Nous méprisons les productions de notre sol (...)
Le style Empire est né de la volonté d’un souverain qui désirait marquer l’art de son règne d’un sceau personnel. C’est à deux architectes C. Percier et P. F. L. Fontaine que Napoléon confia la mission de créer l’art décoratif du régime impérial. Le texte qu’on pourrait appeler le Manifeste du style Empire n’a cependant été écrit qu’en 1812 pour servir de (...)
Un besoin de clarté et de simplification fait disparaître les formes compliquées et les meubles inutiles. La tendance est aux formes géométriques, aux lignes droites, aux courbes pures. L’ornementation ne dissimule en aucun cas la structure du meuble ; elle est discrète, parfois absente. On ne peut, à vrai dire, attribuer la création d’aucun meuble (...)
Certains éléments du décor sont la conséquence de modes éphémères dues à des événements politiques ou militaires. Cependant un certain nombre de motifs empruntés à l’époque Louis XVI ont subsisté. C’est le cas de la palmette. On note son apparition aux environs dc 1785 ; elle subsistera pendant tout le Directoire et on la retrouve encore sous l’Empire. Le (...)
La brève période qui sépare le style Louis XVI du style Empire a reçu arbitrairement le nom d’époque révolutionnaire ou d’époque Directoire. On peut dire en faveur de cette dernière appellation que les recherches effectuées au cours d’une dizaine d’années pour modifier l’art décoratif, pour renouveler le style « à la grecque », n’ont abouti que sous le (...)
Les nombreuses commodes fabriquées sous Louis XVI peuvent se ramener à deux types principaux la commode à trois tiroirs reposant sur des pieds courts en griffe de lion, en toupie, en gaine... Les trois tiroirs sont quelquefois surmontés d’un tiroir plus mince ou de trois tiroirs côte à côte. L’autre type de commode ne comporte que deux tiroirs. Les (...)
Le bureau plat du temps de Louis XV existe encore mais on a tendance à le remplacer par le bureau à cylindre récemment inventé. On apporte au prototype le bureau du Roi deux modifications. La première porte sur la fermeture le volet n’est plus formé de lamelles ; celles ci sont remplacées par un volet semi circulaire d’apparence rigide, mais en (...)
L’armoire en bois massif est rarement de style Louis XVI ; le plus souvent sortie d’ateliers provinciaux, elle conserve les formes chantournées du style Louis XV et quelques ornements cannelures, rangs de perles..., etc. trahissent une fabrication postérieure. Une intéressante création de l’époque Louis XVI est la vitrine. C’est une petite armoire (...)
Les sièges La variété des sièges est aussi grande qu’à l’époque précédente et leur forme encore plus diverse. Dans l’ensemble, la ligne droite triomphe et les différentes parties du siège sont à la fois séparées et unies par des assemblages à angles droits, bien marqués. Le dossier du fauteuil est encore souvent en cabriolet mais le dossier de plan droit (...)