Tôt ou tard, on se lasse des posters et l’on éprouve l’envie d’accrocher quelque chose de plus personnel aux murs. Il y a peu, on trouvait encore des gravures anciennes à des prix raisonnables. Mais la demande s’est accrue, et les amateurs d’estampes doivent désormais étendre le champ de leurs recherches.
J’ai personnellement acquis une série représentant des peintures de vases grecs, qui a été encadrée pour orner le bureau marron. Ces estampes étaient plus petites que des cartes postales mais, bordées d’une large marie louise et d’un cadre assorti, elles forment un bel ensemble. De telles images (tirées d’un catalogue du XIXe siècle, par exemple) comblent à la perfection les espaces vides et mettent en valeur des oeuvres plus imposantes. Si vous savez peindre, la décoration de vos murs ne présentera pas de difficulté. Mais que faire en l’absence de don artistique particulier ?
La qualité des illustrations ne cesse de s’améliorer ; les musées en offrent un grand choix. Mais, aux reproductions de tableaux de maîtres, rarement fidèles, on préférera les dessins. Les nus bleus découpés de Matisse, par exemple, sont parfaits. Élégamment encadrés, ils animeront votre intérieur. Les sérigraphies et les lithographies conviennent également très bien. Si vous fréquentez les galeries, vous pouvez commencer votre propre collection par un original d’un prix accessible.
Le succès de la photographie ne se dément pas, de fréquentes expositions en témoignent. Accrochée judicieusement, une série de clichés en noir et blanc, simplement encadrés de noir, peut être frappante. Les anciennes photographies sépia, devenues assez banales, peuvent toutefois présenter un intérêt historique aussi bien qu’esthétique. Les dessins d’architecture, parfois d’une grande beauté, font aujourd’hui l’objet de collections. Vous pouvez encore rehausser à l’aquarelle ou à la gouache des photocopies de planches botaniques, comme cela se faisait.
Si vous vous sentez davantage attiré par la couleur et la matière, les tissus anciens forment un domaine à explorer. Des broderies, voire de simples pièces de coton imprimé tendues au mur, produisent un bel effet ;
vous aurez en outre la satisfaction de préserver un ouvrage ancien. Les dentelles, les broderies chinoises sur soie, le batik ou d’autres pièces exotiques demandent à être exposées d’une façon particulière, par exemple sous un châssis vitré et encadré, qui ne les comprimera pas. On montera les pièces anciennes de forme originale, avec du fil transparent, sur du tissu qui sera fixé au fond du châssis. La dentelle se détachera au mieux sur un fond bleu uni, les broderies sur soie seront appliquées sur un tissu fin, mais neutre et mat, les ouvrages exotiques ressortiront sur une toile de jute écrue ou un calicot teinté au café ou au thé fort.
Les dessins d’enfants sont si attachants que l’on est tenté de tous les garder. C’est ainsi que des cartons entiers débordent de ces charmantes œuvrettes, dont certaines méritent en effet d’être encadrées. Mais des objets sans qualité particulière peuvent être mis en valeur dans l’écrin adéquat. J’ai ainsi collectionné des moulages de bagues et de sceaux finement gravés ; certaines de ces empreintes, exposées dans une boîte d’acajou sur un fond de papier marbré ou de velours rouge, forment un très beau décor mural. Il en va de même des coquillages et des papillons, pour lesquels il y a lieu de créer un environnement soigné, ces objets ne pouvant s’accommoder d’un cadre banal.