À une époque, je trouvais un certain charme à la poussière, aux toiles d’araignée, aux traces discrètes de négligence sur les vitres ou les étagères. Si je me laisse encore toucher par la poésie de manoirs aux jardins d’herbes folles, j’avoue que ces qualités deviennent des défauts dans un intérieur actuel. Les poils de chien sur un fauteuil n’ont rien de poétique et je refuse d’accorder du charme à une table semée de ronds de verre, que certains préféreraient laisser en l’état. À quoi bon, disent ils, gratter tous les jours du bois qui sera le lendemain dans le même état ? Face à ces partisans, je reste convaincue qu’un minimum de propreté et d’ordre doit régner dans un intérieur car, au delà d’une certaine limite, la saleté ne peut que décourager les meilleures volontés. Ce moment, certes de courte durée, où les surfaces brillent de tous leurs feux, est à la fois apaisant et satisfaisant car il restaure le rythme des rituel quotidiens.
Ce long préambule introduit ce qu’il était convenu d’appeler autrefois les conseils ménagers. De nombreux manuels consacrés à ce sujet ont été publiés durant l’entre deux guerres, pour éduquer une génération de femmes qui devaient entretenir leur foyer sans l’aide de domestiques. Les domaines abordés étaient divers nettoyage, recettes du lait de chaux, premiers secours, etc. Enfant, je m’émerveillais de l’ingéniosité déployée par ces ouvrages pour résoudre nos problèmes quotidiens, des mains gercées aux punaises de lit.
À la relecture, certaines reconixnandations (comment se débarrasser des taches de rousseur, par exemple) paraissent des remèdes de bonnes fenunes empreints de superstition. Mais ces guides font aussi preuve d’un indéniable sens pratique, et l’on peut encore en tirer de nombreux enseignements. C’est ainsi que les matériaux utilisés sont toujours bon marché, écologiques et efficaces.