L’art de la tapisserie est originaire d’Egypte on a retrouvé des étoffes exécutées selon la technique de la tapisserie dans la tombe de Thotmes IV (vers 1400 avant jésus Christ). Le dessin est obtenu en contrariant la série des fils de chaîne par une autre série de fils (duite) qui constituent la trame. Dans la tapisserie de lisse, pour réunir les fentes (erelais) qui se produisent au changement de couleur, on exécute une rentraiture à l’aiguille. En se basant sur les documents contemporains, il est difficile de distinguer les véritables tapisseries de lisse, des tapisseries brodées.
Pline n’est pas aussi explicite sur ce sujet que sur les autres, bien qu’on ait retrouvé des étoffes décoratives datant de l’époque romaine. On sait cependant de sources diverses que Rome importait beaucoup d’étoffes en provenance du Proche Orient .Dans les riches demeures patriciennes, des tapisseries habillaient murs et colonnes et sur les sols et les lits on jetait des tapis. Ces derniers étaient, en grand nombre, importés de Mésopotamie, et parfois aussi des régions d’Anatolie où ils étaient traditionnellement fabriqués. Les tapis italiens de Pergame étaient probablement tissés avec des fils d’or et d’argent.
La soie venait de Chine. Selon Procope, ce furent des moines qui, sous le règne de Justinien, introduisirent le ver à soie en Occident . A cette époque, Byzance importait les soieries chinoises en quantité si considérable qu’une crise financière menaça la cité. Les vêtements de soie étaient appelés Sericac, du nom donné aux Chinois par les Romains (Sereans) ; on les désignait aussi sous le terme de Medicae, du nom du territoire des Mèdes traversé par les caravanes qui empruntaient la route de la soie. Lorsque l’on eut commencé de fabriquer la soie en Occident, les tisseurs de Damas se taillèrent une grande réputation d’habileté et leurs produits prirent le nom de Damas.
L’emploi des pierres dures est un des traits caractéristiques de la décoration romaine. Ces minéraux aux couleurs souvent très vives ont, ’le tout temps, servi à la fabrication des bijoux, des statuettes, des vases, des bols et des coupes, ainsi qu’à l’incrustation des meubles. Le cristal de roche (en allemand Bergkristall), blanc et presque transparent, trouvait souvent les mêmes utilisations que le verre. Pline parle d’un bloc qui aurait pesé plus de soixante dix kilos ! L’engouement du public pour la turquoise date de l’époque prédynastique de l’Egypte. On l’extrayait des mines de la péninsule du Sinaï. Les lapis lazuli étaient très appréciés car ils servaient non seulement à la décoration, mais aussi à la fabrication d’un colorant bleu outremer très pur. L’améthyste, l’aventurine, la calcédoine, l’onyx et le rubis de Bohême provenaient de minerais siliceux, tandis que la matière première des vases murrhins n’est pas bien connue. Pline rapporte que les couleurs les plus variées s’y entrelacent avec cependant une prédominance de pourpre, de rouge flamboyant et de blanc opaque. Les vases faits avec cette matière tantôt opaque, tantôt transparente en conservait le parfum. Pline et Properce disent tous deux que les murrhins venaient de la Parthie ; Properce ajoute même qu’ils étaient « cuits dans les fours parthes ». Mais, d’après les descriptions que nous en possédons, il est exclu qu’il se soit agi de poteries. Comme la Parthie se trouvait sur la route des caravanes venant de Chine, on en vient à se demander si ces vases n’étaient pas en néphrite chinoise, variété de jade. A Alexandrie on fabriquait des imitations en verre de ces diverses pierres dures.
La terre cuite non vernissée servait à fabriquer des lampes et les amphores destinées à contenir le vin ou l’huile. Elle servait également à fabriquer les briques, les tuiles, les canalisations et des éléments architecturaux sans grande importance, tels que les antéfixes. Les services de table étaient souvent dits « de Samos ». Ils étaient faits d’une terre cuite rouge, vernissée, ornée de motifs en relief, et provenaient en général d’une fabrique. Les poteries sont souvent marquées du sceau de leur propriétaire, de même d’ailleurs que les vases et jarres en bronze à usage domestique. On a même retrouvé sur un ou deux vaisseaux de bronze un signe qui pourrait bien être une estampille. Il semble que ce soient les verreries de Sinc qui aient, les premières, lancé la coutume de l’estampillage au premier siècle avant jésus Christ.
Les imitations de poteries grecques étaient les plus appréciées. De meilleure qualité que celles de Samos, elles étaient ornées de motifs peints et leur forme variait selon l’usage auquel on les destinait. Au XVIIIe siècle, le céramiste anglais, Josiah Wedgwood, s’en inspira et lors des retours au classicisme, ébénistes et ornemanistes reprirent souvent les thèmes décoratifs de ces poteries grecques. A une certaine époque, les Romains préfèrent aux vases murrhins les vases de terre cuite.