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 Les motifs arnementaux partie I

Il est indispensable de parler ici des motifs ornementaux romains, car ils eurent la faveur du public pendant les dix huit siècles qui suivirent et continuent à l’avoir de nos jours. Dans le monde antique, la plupart de ces motifs revêtaient une signification symbolique. Jusqu’aux temps modernes ce symbolisme fut toujours compris, du moins par une minorité éclairée.

La feuille d’acanthe se retrouve partout. Selon la légende, Callimaque le premier, s’inspira au Xe siècle avant jésus Christ des feuilles d’une acanthe qui poussait sur une tombe. Depuis lors, la feuille d’acanthe a toujours été utilisée en décoration. Si les Grecs et les Byzantins la traitaient de façon souvent conventionnelle et avec une certaine rigidité, les décorateurs romains et ceux de la Renaissance interprètent le motif avec une grande liberté. C’est la feuille d’acanthe qui orne les chapiteaux corinthiens. Représentée de profil elle devient la volute d’acanthe. La feuille de vigne et les raisins sont aussi très communs, surtout dans les thèmes bachiques. La palmette est une version stylisée de la feuille de palmier et les feuilles de lierre, de laurier, d’olivier et de chèvre feuille (anthemion) ornent les guirlandes de frises. Elles sont traitées de façon souvent conventionnelle. Festons et guirlandes de laurier se rencontrent principalement dans les sculptures en relief. Les motifs entrelacés ou tressés (parfois appelés câble ou corde enroulée) sont d’origine très ancienne. Les rosettes sont des fleurs stylisées, aux pétales régulièrement espacés ; d’abord employées comme motifs de bordures par les Assyriens, elles furent reprises par les ornemanistes de l’époque gothique puis par ceux de la Renaissance. Les Romains reproduisaient les rosettes avec une assez grande fidélité. Les oves et les dards ainsi que les oves et les langues sont, comme leur nom l’indique, une succession de motifs ornementaux ovoïdes et de motifs en forme de dard ou de langue alternés.

Le lion a toujours inspiré les artistes, et maintes poignées décoratives représentent le mufle d’un lion tenant un anneau dans sa gueule. Le griffon et la chimère sont des animaux fabuleux, empruntés au Moyen-Orient. Quant au sphinx romain, il n’est autre qu’une version du sphinx égyptien. Le bélier était un animal sacrificatoire ; à l’extrémité de ses cornes on suspendait des guirlandes. On trouve fréquemment des têtes de bélier sur les autels romains et sur les chandeliers décoratifs. L’aigle était l’attribut de Jupiter et l’emblème des légions. Le masque humain, parfois caricatural ou entouré de feuillage, est une des constantes de l’art classique. Les anciens masques de théâtre et la tête de Méduse qui ornait très souvent les boucliers sont peut être à l’origine de cette représentation caricaturale du visage humain. En architecture les Atlantes et les Cariatides remplaçaient les colonnes ordinaires et soutenaient les chapiteaux. Plus tard, on en retrouvera des variantes, notamment dans le mobilier de la Renaissance. Les statues représentant des femmes portant des paniers sur leur tête sont appelées canéphore (les porteuses de panier).

Les trophées furent toujours des éléments décoratifs très appréciés. Primitivement, l’armure et les armes des ennemis vaincus servaient à décorer le tronc d’un chêne. Comme les autres butins de guerre, les trophées d’armes faisaient dans Rome une entrée triomphale ; on les promenait à travers la ville et on les sculptait souvent dans le marbre ou la pierre sur les monuments élevés à la gloire des vainqueurs. Ils furent par la suite très largement utilisés en décoration. Ce genre de thèmes fut repris après la Renaissance et la mode des trophées s’étendit à la représentation symbolique de certaines disciplines des Arts et des Sciences. A quelques exceptions près, on ne rencontre que chez les Romains des objets symboliques tels que les faisceaux, fasces, verges liées autour d’un axe central.