Les murs étaient ornés de fresques, parfois tendus de tapisseries ou d’étoffes peintes. Seules les fresques sont parvenues jusqu’à nous, du moins qu’ils aient été employés dans des constructions profanes, mais cela semble vraisemblable. L’ivoire servait surtout à sculpter des objets de piété, mais bronziers et orfèvres exécutaient des oeuvres très belles en bronze, en or et en argent. A Hildesheim, les portes de la cathédrale, que l’on peut encore admirer de nos jours, furent au XIe siècle l’oeuvre d’une remarquable école de maîtres bronziers, créée par monseigneur Bernward. On doit à la même école une très belle paire de chandeliers à broche en bronze et argent qui se trouve à la Ma gdalenenkirche (église de la Madeleine), située non loin d’Hildesheim. Une autre école de bronziers s’implanta à Dinant, dans les Flandres. On lui doit un grand nombre de vases profanes et sacrés . Le mot dinanderie sert encore à désigner certains ouvrages en bronze.
Les tissus d’Orient, qui arrivaient par Gênes et Venise ou par l’Espagne Maure, étaient très recherchés, mais il était difficile de s’en procurer.
Il nous reste à parler d’un type d’objet décoratif très en faveur à Byzance les automates. Ils étaient d’ordinaire actionnés par un mécanisme hydraulique ou pneumatique. Leur principe n’avait rien de très nouveau ; déjà au IIe siècle après jésus Christ, Héron d’Alexandrie avait inventé un système d’ouverture et de fermeture automatique des portes et, parmi ses réalisations les moins connues, il faut citer une machine à sous pour distribuer l’eau bénite et une autre basée sur le principe du siphon qui changeait l’eau en vin. La vogue des automates ne faiblit pas au cours des siècles qui suivirent. Ils étaient particulièrement prisés à la cour de Bourgogne et dans l’Allemagne du XVIe siècle. A l’époque romaine, seules existaient les horloges hydrauliques dont le mouvement était actionné par la montée de l’eau dans un récipient. Les plus belles comportaient de petits automates ; le modèle le plus fréquent est un oiseau qui chante les heures. L’horloge à poids est une invention chinoise et la première horloge européenne sur laquelle nous possédions une documentation sérieuse est l’horloge astronomique de Giovanni de Dondi, fabriquée en I364 et détruite au XVIe siècle, mais dont il nous reste une gravure.
Ce rapide historique, qui nous amène au début de la période gothique, ne peut qu’être incomplet en raison du petit nombre d’objets parvenus jusqu’à nous et de l’absence de textes suffisamment explicites. Nous connaissons mieux l’époque de la Rome impériale que l’époque plus récente dont nous venons de parler. Et il est difficile de se faire une image exacte de la décoration intérieure avant le début du XVe siècle.