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 Le style gothique

A l’intérieur des édifices, la principale conséquence du style gothique fut la disparition de tous les murs, même les murs porteurs qui furent remplacés par des arcs formerets qui reportent le poids de l’édifice sur les piliers. Cela, ajouté aux croisées d’ogives très élaborées, offrait à l’oeil de vastes perspectives. Il devint également possible de percer des ouvertures beaucoup plus nombreuses dans les murs extérieurs, ce qui eut pour conséquence de donner un nouvel élan à l’art du vitrail. Si les maîtres verriers ne produisaient encore le verre plat que dans des dimensions très restreintes, on réussissait cependant à assembler de grandes fenêtres à l’aide de petites surfaces de verre en chassées dans des baguettes de plomb, placées ensuite dans des armatures de bois qui venaient elles mêmes s’encastrer dans le remplage, armature de pierre qui garnissait l’intérieur des fenêtres. Ces vitraux remplaçaient les anciennes mosaïques.

L’emploi du verre coloré comme vitres n’est pas une innovation des XIIe et XIIIe siècles, si ce n’est qu’elles étaient beaucoup plus grandes qu’auparavant. Cela mis à part, on en trouve déjà à Sainte Sophie de Constantinople et à Saint Pierre de Rome, ainsi que dans certaines mosquées. Mais ce sont les architectes gothiques qui ont fourni au vitrail le cadre qui lui convenait et qui l’ont ainsi mis en valeur. Quelques vitraux du XIIe siècle ont été conservés jusqu’à nos jours. Au XIVe siècle, les fenêtres des palais royaux commencèrent à leur tour à se garnir de vitraux.

Les données que nous possédons sur la décoration des maisons anciennes proviennent en grande partie des enluminures qui ornent les manuscrits, et du mobilier religieux de l’époque.

Les textes de l’époque laissent à penser que l’intérieur des maisons était plus luxueusement aménagé sur le continent qu’en Angleterre, bien que les meubles y soient relativement rares. Les lits de repas cessèrent d’être utilisés après la décadence de Rome. Ils furent remplacés par des bancs ordinaires et des tabourets. Les tables étaient habituellement longues et rectangulaires, posées sur des tréteaux et souvent placées sur une estrade au fond d’une grande salle. On voit apparaître au XIVe siècle des tables à dessus de marbre. Les tables en métal précieux étaient passées de mode depuis l’époque de Charlemagne, qui, disait on, en possédait une en or et deux en argent.

Au XIIe siècle, les sièges étaient recouverts de tapisseries et d’étoffes brodées. L’hôte et ses invités de marque avaient droit à des chaises à dossier droit, souvent surmontées d’un dais. Au XIVe siècle, réapparurent de massives « chaises ployantes » en forme de X ressemblant à la curule romaine et au trône de Dagobert . Leur siège et leurs accoudoirs étaient parfois rembourrés de paille. Une chaire d’argent ornée d’or, de cristal et de perles fut fabriquée pour le roi de France aux alentours de 1330.

A cette époque, les ébénistes parisiens étaient célèbres pour leurs coffres et leurs bahuts sculptés. Les buffets (les plus beaux connus sous le nom de buffets de parade) étaient des sortes de tables que l’on plaçait, dans les églises, près du maître autel. Le buffet servait à la fois de desserte et de dressoir où l’on exposait la vaisselle d’argent. Les bois de lits, richement sculptés, étaient un héritage de l’époque romaine. Les Romains, d’ailleurs, les avaient empruntés aux pays orientaux où les châlits sculptés et inscrustés d’ivoire étaient de règle dans les riches demeures. Les lits médiévaux étaient souvent très larges et c’était un honneur, dit on, pour les invités que d’être conviés à partager la couche de leur hôte et de ses chiens favoris.