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 Vaisselle de riche

A la cour et chez les riches seigneurs, on utilisait une grande variété de vaisselle d’argent, d’or, d’étain et de bronze, souvent dorée : gobelets, aiguières et plats de toutes sortes, ainsi qu’une salière richement ornée qui constituait la pièce maîtresse de la décoration. La nef, remarquable ouvrage d’orfèvrerie en forme de vaisseau, occupait le centre de la table. Certaines variantes portaient le couteau, la fourchette et la serviette du maître de maison, ainsi que le sel et les épices venus d’Orient.

Les orfèvres italiens étaient les plus réputés, mais ceux de Paris n’avaient rien à leur envier. Sous le règne de Philippe le Bel, le premier système de poinçonnage fut institué en France pour lutter contre la tendance des artisans à frauder sur la teneur en métal précieux de l’alliage.

La fourchette à deux dents apparut à la fin du XIVe siècle, mais la cuillère était connue depuis longtemps. Un inventaire des biens du roi Edouard IV d’Angleterre porte la mention suivante : « huit cuillères en argent dont le manche est frappé aux armes de Paris, c’est à dire d’une fleur de lys ».

On trouvait rarement sur les tables de la verrerie de bonne qualité. Celle ci était alors importée de Venise ou, à grands frais, de Sinc. Elle était dans une grande mesure remplacée par des récipients de cristal de roche gravé selon la technique des lapidaires et souvent fort joliment montés sur des socles de métal précieux.

Nous avons déjà parlé des importations de soieries chinoises par les Romains et, plus tard, par les marchands byzantins. Le déclin du commerce chinois après la chute de la dynastie des Han, en 320 après jésus Christ, permit à l’industrie des soieries et autres étoffes de luxe de prendre son essor dans le Moyen et le Proche Orient. En Sicile, les Sarrasins fabriquaient des textiles de très bonne qualité et, au XIIe siècle, le roi Roger de Sicile, originaire de Normandie, fit venir dans l’île des tisserands de Byzance. A Venise, au XVe siècle, des tisserands venus de l’Islam installèrent leurs métiers. Ils enrichirent leurs motifs floraux de fils d’or et d’argent. La plus grande partie des étoffes importées d’Europe servait à faire des nappes d’autel et des ornements sacerdotaux.