Une grande partie des objets d’or et de bronze était ornée d’émail au champlevé. Ce procédé consiste à verser de la pâte de verre coloré dans des creux aménagés dans le métal, que l’on met ensuite au four. L’émaillage fut de plus en plus employé pour décorer les petits objets d’art en métal précieux mais, au Moyen Age, on l’utilisa également pour des ouvrages de plus grande taille, tels que cercueils en bronze, reliquaires, châsses et vases sacrés. Les principaux ateliers se trouvaient à Limoges où cet artisanat remontait au XIIe siècle. Il y en avait aussi dans la vallée du Rhin.
Les luminaires étaient en bronze ou en fer forgé. Ceux qui pendaient du plafond étaient équipés parfois de lampes à huile. Des chandeliers à pied, souvent très haut, étaient surmontés de broches qui servaient à piquer les bougies . La bobèche ne ht son apparition que lorsque l’usage des bougies de même diamètre se généralisa. Les plus beaux luminaires sont les chandeliers religieux.
En Angleterre, durant la période gothique, la décoration fut plus sobre. Le mobilier était, en général, en chêne et les boiseries murales qui subsistent donnent une impression de tristesse qui n’est pas justifiée . A l’époque, les meubles étaient en effet peints et tapisseries et tentures de couleurs vives ressortaient gaiement sur le bois sombre. Quelques boiseries portent encore des traces de peinture. En outre, les tables et les lits étaient recouverts de tapis et de tapisseries d’Anatolie.
La poterie était réservée aux ustensiles de ménage. Toutefois, en Espagne, en Italie et en France on revêtait les murs et les sols de carreaux de céramique, mode introduite en Europe par les Maures. En Espagne, avoir une maison sans carrelage était synonyme de pauvreté. Au milieu du XIVe siècle, un matériau, qui allait profondément modifier l’art de la décoration en Europe, fit son apparition la porcelaine. Marco Polo (1254-1324) rapporta d’Extrême Orient un objet de porcelaine qui se trouve actuellement à Venise. Louis le Grand de Hongrie (1342-1382) possédait également un vase de Chine monté sur argent et marqué à ses armes. Le vase appartenait autrefois à la collection Beckford, il existe encore, mais sans sa monture. Pendant les deux cent cinquante années qui suivirent, on importa de Chine quelques porcelaines que rois et princes conservaient précieusement, après les avoir fait garnir d’or et d’argent.
Les motifs ornementaux gothiques sont essentiellement d’inspiration florale et traités de manière traditionnelle. Les qualités de l’art décoratif gothique son souci de frapper l’imagination apparaissent surtout dans les motifs héraldiques de cette période.
L’artiste gothique aimait à choisir certains traits de son modèle, à les exagérer en les stylisant, pour créer un dessin plein de hardiesse. Ainsi la gueule, la langue, la crinière, les griffes et la queue du lion héraldique sont tous accentués de cette manière. L’aigle, motif roman emprunté lui même aux emblèmes des légions romaines, n’a plus guère de ressemblance avec son modèle vivant et on le dote d’une queue de forme nettement géométrique .
Le caractère géométrique très prononcé de l’ornementation gothique tient en grande partie à l’utilisation du compas sur lequel ce style est basé. A l’époque de la Renaissance, la croix, motif médiéval, disparaît à peu près des ornements séculiers. Les croix gothiques, jamais simples, sont des compositions géométriques ayant pour base la croix traditionnelle. La rosette est un motif de décoration que l’on retrouve fréquemment, mais, au contraire de la rosette romaine, ses feuilles sont stylisées et régulièrement disposées. Le crochet, à l’origine ornement saillant en pierre dont l’extrémité se recourbait et s’enroulait en forme de feuillage, fut également employé dans l’ornementation intérieure. Il était alors en bronze ou en fer forgé.
C’est dans les réseaux en éventail des voûtes de la fin de cette période, que le caractère d’une grande partie de l’ornementation gothique apparaît le mieux. La chapelle Henry VII, à Westminster, offre un exemple remarquable de la tendance qu’avaient les architectes gothiques à se servir de l’ornementation pour accentuer les lignes structurales.