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 Renaissance en Europe continental : suite

A l’époque de la Renaissance, on accordait une place de choix à l’orfèvre et, dans une moindre mesure, au bronzier, qui était le plus souvent le même homme. Par exemple, Verrocchio était à la fois orfèvre, architecte, sculptent et peintre ; le jeune Léonard de Vinci fut probablement un de ses assistants. De même que dans la Rome antique, les sculpteurs préféraient travailler le bronze, de même les artistes de la Renaissance abandonnèrent progressivement la pierre et le bois, si appréciés des artisans gothiques. Les statuettes de bronze, chers aux Romains, connurent une nouvelle vogue qui se poursuivit presque sans éclipse jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, non sans subir de nombreuses transformations. Les fouilles entreprises à Rome et ailleurs avaient mis au jour de nombreux bronzes ; cependant, ceux du début de la Renaissance, eux mêmes, en sont rarement des copies serviles. S’il en existe quelques unes, elles furent sans doute l’oeuvre de véritables faussaires. En fait, les bronzes de la Renaissance sont des interprétations très libres de modèles classiques. Les artistes se détachèrent de plus en plus du conventionnel après que Donatello eut exécuté son David et le magnifique portrait équestre de Erasme de Narni, appelé Gattamelala (Padoue), inspiré de la statue de Marc Aurèle que l’on peut encore admirer à Rome et qui engendra toute une série de portraits équestres.

Jusqu’au XVIe siècle, l’art de la sculpture sur bronze avait été soumis aux techniques des orfèvres, lesquels s’attachaient plus aux détails qu’à la recherche d’un effet d’ensemble et, dans une mesure moindre, à celle des sculpteurs sur pierre auxquels le matériau dictait le style. Après 1500, on employa de plus en plus le bronze dans la décoration et, à la fin du XVIe siècle, il servait entre autre à fabriquer des lampes, des candélabres, des flambeaux, des encriers, des ferrures, supports et garnitures de meubles. Dans les galeries du XVII siècle, des figures sculptées occupaient les niches aménagées d’ordinaire entre les peintures qui ornaient les murs.

L’orfèvrerie, autrefois réservée aux objets du culte, s’étend dorénavant au domaine des objets profanes et, sur des buffets admirablement sculptés, on dispose des vases, des aiguières et des plats d’or ou d’argent richement décorés dans le goût de la Renaissance. Une nouvelle école d’orfèvres voit le jour. Benvenuto Cellini (1500-1571) en est un représentant illustre. La salière de François 1er est une des rares pièces d’orfèvrerie que l’on puisse lui attribuer avec certitude, mais ses dessins inspirèrent des oeuvres analogues, en particulier à Augsbourg et à Nuremberg, oeuvres dont à une certaine époque on lui attribua la paternité.

Au cours de la période gothique, les artistes sur bois ornèrent d’admirables sculptures les églises et les cathédrales italiennes. Toutefois, pour donner libre cours à leur inspiration, ils durent bientôt se tourner vers le domaine profane. Ils travaillaient surtout le chêne, le noyer ,le cyprès, l’ébène. L’art de l’incrustation connut une grande vogue. La pietra dura était une incrustation d’agathe, de lapis lazuli et d’autres pierres dures dont on se servait d’ordinaire pour embellir la surface des tables.

La marqueterie en bois de diverses essences composant des dessins variés et, souvent, incrustés d’ivoire, de nacre et d’écaille, se répandit bientôt. Elle était fréquemment agrémentée de peintures et rehaussée de dorures. Les pièces de mobilier en argent ne sont d’ordinaire que des formes en bois recouvertes de feuilles d’argent martelé. Leur utilisation était très définie et il ne nous en est parvenu que de rares spécimens. Les peintres les plus célèbres décorèrent des objets tels que le coffre (cassone) dont la surface était préalablement recouverte d’une couche de gesso.