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 Les meubles de la renaissance Italienne

Un grand nombre de meubles de la Renaissance italienne subsistent. Ils étaient conçus pour les hautes et majestueuses pièces des palais italiens, aux murs tendus de cuir gaufré et doré, de tissus somptueux, de tapisseries. Ce mobilier de dimensions imposantes était dessiné en fonction des règles architecturales de l’époque. Il comportait des frontons, des colonnes et des arcs en plein cintre semblables à ceux de l’époque romaine. Cariatides et atlantes remplaçaient fréquemment la colonne de style plus traditionnel. Les intérieurs de cabinet reproduisaient avec une grande ingéniosité certaines dispositions architecturales, et de petits miroirs aux multiples facettes y étaient parfois ajoutés.

La chaise romaine en forme de X était très en vogue à l’époque de la Renaissance. Peu à peu, elle se transforma et aboutit aux modèles du XVIIe siècle qui nous sont bien connus, avec leur dossier haut et droit, leurs accoudoirs ouverts. Les lits étaient surmontés d’un dais soutenu par quatre colonnes, souvent en forme de balustres. Des buffets admirablement sculptés recevaient d’ordinaire des plats et des assiettes, ainsi que des aiguières et des bols en majolique, nouvelle faïence auxteintes vives qui, devenue élément essentiel de la décoration italienne à l’époque de la Renaissance, fut bientôt copiée dans tout le nord de l’Europe.

Jusqu’au début du XVe siècle, la glaçure employée en poterie ne pouvait servir de fond à la peinture. Les potiers de Byzance, imités par ceux de Chypre et d’ailleurs, employaient des glaçures auxquelles ils ajoutaient des matières colorantes, après avoir tracé les contours du dessin dans la pâte brute (demi majolique). Toutefois, au cours du Ixe siècle, les potiers du monde islamique avaient redécouvert la glaçure stannifère blanc opaque, procédé inventé par les potiers assyriens et qui semble avoir été perdu pendant plus de mille ans. Ce procédé parvenu en Espagne maure au xIIe siècle, arriva en Italie en passant par l’île de Majorque (ou Maiolica) vers le milieu du XVe siècle. Les artistes italiens commencèrent par pasticher les motifs maures, ou à les mélanger de motifs gothiques. Cependant, la vogue croissante de la peinture dans l’Italie du xve siècle, l’élargissement de la palette de colorants et la possibilité de travailler sur des surfaces lisses dont le ton blanc crémeux éveillait l’inspiration, tout cela réuni incita les céramistes de majoliques à adopter un style pictural nouveau.

Ce genre pictural est communément appelé istoriato, ou peinture à histoires, en raison du thème le plus souvent employé. Les majoliques étaient aussi appelées faïences de Raphaël, parce que leurs motifs étaient souvent copiés sur des gravures exécutées par Marcantonio Raimondi d’après Raphaël. Les céramistes s’inspiraient également de Durer et de Mantegna, ou encore de scènes bibliques.