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 Les motifs arnementaux de la renaissance

C’est sur la majolique qu’on trouve les meilleurs exemples de grotesques, motifs ornementaux de la Renaissance. En 1509, on dégagea certaines parties de la Maison Dorée, enfouies sous les bains de l’empereur Trajan, qui fit démolir le palais de Néron pour bâtir le sien au même emplacement. Cette découverte attira l’attention de Raphaël. Les fresques en particulier l’incitèrent à se consacrer à l’art antique Raphaël devint un des tenants les plus enthousiastes du retour au classicisme. Il fut chargé par son protecteur, le pape Jules II, de sauvegarder les marbres romains qui portaient des inscriptions et d’éviter qu’ils tombent entre les mains des chaufourniers et des tailleurs de pierre qui venaient piller les ruines. Le pape pensait qu’il était essentiel de conserver ces inscriptions qui permettaient de « donner un nouvel essor aux lettres et de garder à la langue latine toute son élégance ». En effet, le latin, après des siècles d’usage en Europe, s’était abâtardi. Raphaël, aidé par son élève Giovanni da Udine, recopia fidèlement plusieurs fresques ornementales de l’époque de Néron . Elles fournirent de nombreux modèles aux poteries majoliques et à tous les arts décoratifs en général. C’est ainsi que, beaucoup plus tard, elles inspirèrent le dessinateur et graveur français jean Berain .

Dans le palais de Néron, les pièces qui composaient à l’origine le rezde chaussée se trouvaient au dessous du niveau du sol lorsqu’elles furent dégagées ; et pour cette raison, on les désigna d’abord sous le nom de grottes. C’est de là que vient le terme qui désigne ce genre de décorations que l’on appelle grotesques. On y retrouvait les motifs classiques de la Rome antique guirlandes de fleurs et de feuillages, figures entrelacées de feuillages. Par suite d’une erreur grossière le terme grotesque a été associé aux personnages monstrueux, aux masques grimaçants, que l’on rencontre si souvent dans les oeuvres de la seconde moitié du XVIe siècle.

Un des traits caractéristiques de l’art italien au XVIe siède est l’abus des grotesques dans tous les domaines de la décoration. Ils donnèrent même naissance à des petites statuettes de bronze. Sous une forme plus frivole et plus amusante, ils ornent un grand nombre de majoliques des dernières années du siède et ils s’ébattent sur les murs.

Il convient d’attirer l’attention sur la confusion qui s’est établie entre arabesques et grotesques. Ce qu’on appelle les arabesques ne sont que des copies de dessins romains, encore qu’il existe des motifs analogues en Espagne et en Sicile. Rappelons que ces deux pays tombèrent l’un et l’autre, à un moment donné de leur histoire, sous la domination sarrasine. Ces motifs ont parfois été appelés mauresques dans les ouvrages du XIXe siècle.

La religion islamique interdit la représentation des êtres animés ; aussi, à l’exception des Perses hérétiques, les artistes musulmans utilisent dans leurs décors des feuilles et des fleurs stylisées, ainsi que des arabesques traçant des angles et des courbes. Ces motifs se rencontrent en particulier sur les carreaux de faïence, dont quelques uns sont l’oeuvre d’artisans grecs de Byzance. Venues d’Espagne, les arabesques influencèrent l’ornementation baroque du nord, mais on en avait depuis longtemps oublié l’origine.