Au cours de la Renaissance italienne, la fabrication du verre de Venise prit une grande ampleur. Alors que depuis l’époque romaine, dans le reste de l’Europe, le verre ne servait qu’à des fins utilitaires, et cela même dans la vallée du Rhin où cet art vit le jour de très bonne heure, les verriers de Venise restèrent en contact permanent avec ceux d’Alexandrie qui avaient préservé les anciennes traditions. Dès le XIIe siècle, les Vénitiens produisaient un verre d’une qualité apparemment exceptionnelle, encore qu’aucun spécimen antérieur au XVe siècle ne semble avoir survécu. Grâce aux échanges commerciaux, les artistes vénitiens entrèrent en relation avec les maîtres verriers de Syrie où, jusqu’aux invasions de Tamerlan, la fabrication des verres décoratifs fut très florissante. A la fin du XVe siècle, les verriers vénitiens fabriquaient du verre bleu décoré de peintures émaillées. Dès qu’ils purent obtenir du verre clair de qualité satisfaisante, des modèles gravés au diamant firent leur apparition. Cette qualité de verre prit le nom de cristallo, ou cristal, en raison de la ressemblance imaginaire qu’on lui trouvait avec le cristal de roche, ce qui a parfois provoqué des erreurs dans la transcription des documents anciens. Comme les verriers d’Alexandrie avant eux, ceux de Venise imitaient non seulement le cristal de roche, mais aussi diverses variétés très recherchées de pierres dures de couleur, telles que le jaspe et l’onyx.
Etant donné que le verre, rendu blanc et opaque par l’addition d’oxyde d’étain, servait de base à la glaçure des majoliques, on ne saurait s’étonner que les maîtres verriers aient produit sur une grande échelle des vaisseaux de verre. Ils ne se bornaient pas à imiter les rares modèles de porcelaine chinoise qui commençaient à parvenir en Europe en nombre appréciable, mais ils produisaient du verre transparent dans lequel des filigranes opaques traçaient des réseaux compliqués. Ce procédé est connu sous le nom de vitro di Irma ou latticinio.
Les maîtres verriers vénitiens devinrent habiles à manipuler la masse transparente à l’état pâteux avec des pinces et autres instruments ; ils l’étiraient en de fantastiques circonvolutions et obtenaient ainsi le verre décoratif auquel Venise doit en partie sa renommée. A cette époque, la production de Venise la plus recherchée était son verre pour miroir ; pendant longtemps, les Vénitiens furent les seuls à en produire de grandes feuilles. C’est surtout après le déclin des échanges avec le Moyen Orient que l’industrie du verre commença d’occuper une place prépondérante dans l’économie de la République de Venise. Tout verrier qui émigrait était condamné à mort.
L’épanouissement du baroque, dont l’architecte, dessinateur et sculpteur Giovanni Lorenzo Bernini (1598-1680), le Bernin, est un des représentants les plus remarquables fut dans une certaine mesure la conséquence du mouvement lancé par les jésuites en réaction contre la réforme de Luther. Le style nouveau, dit jésuite faisait un emploi massif des marbres de couleur, des sculptures dorées et peintes et des effets en trompe l’oeil. Cet étalage de richesse visait à frapper les esprits.