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 Style de cour français : partie 2

La marqueterie se modifia également. Exécutée en bois de diverses essences, elle présentait des dessins géométriques ou picturaux. Les dessins géométriques, étoile à cinq branches, rosettes, damiers et losanges offraient un heureux contraste avec les contours renflés et les montures asymétriques. Les dessins picturaux étaient exécutés à l’aide de bois variés, de couleur naturelle ou teints artificiellement, avec parfois de petits détails gravés. On employait la nacre pour les incrustations ; et, tout au long du XVIIIe siècle, les ébénistes se servirent pour les cabinets de panneaux de laque importés d’Orient ou de panneaux en vernis Martin. Les panneaux chinois avaient en général un fond noir ou rouge écarlate, tandis que les japonais saupoudraient la surface de leurs panneaux de poussière ou de paillettes d’or, technique dans laquelle ils excellaient. Peu après 1760, sans doute à la demande du marchand Poirier, la Manufacture de Sèvres fabriqua des plaques de porcelaine destinées à l’ébénisterie et le Garde Meuble de la Couronne en commanda un certain nombre. A partir du XVIIe siècle, les commodes, les cabinets et, surtout, les tables reçurent des plateaux de marbre de couleur.

Tout au long des XVIIe et XVIIIe siècles, le métal joua un rôle essentiel dans le développement du style de cour. Les décorateurs recouraient surtout au bronze (habituellement doré), à l’or et à l’argent mais le fer forgé servait aux rampes d’escalier et aux grilles de balcon. Citons entre autres celles de l’architecte et ornemaniste rococo Gilles Marie Oppenord. Certes, ni l’or ni l’argent n’existaient en aussi grande quantité que dans la Rome antique ; cependant, au cours du règne de Louis XIV, on employa l’argent à la fabrication de pièces de grandes dimensions, et, toutefois, les créations des ornemanistes furent bien exécutées en argent ou en métal argenté. Louis XIV possédait sans aucun doute un trône d’argent et il existe de nombreuses descriptions de tables, d’appliques et de jardinières en argent. Mais la plupart ont été transformées en monnaie durant les crises financières que connurent les XVIIe et XVIIIe siècles et, en particulier,
sous la Révolution, au cours de laquelle tant de souvenirs de l’Ancien Régime furent délibérément détruits. C’est ce qui explique la rareté des pièces d’argenterie anciennes en France. Chargés de remplacer la vaisselle d’argent envoyée par grandes charretées à l’Hôtel de la Monnaie, les faïenciers d’art firent fortune.