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 Les intérieurs anglais du XVIe au XVIIIe siècle

En 1485, l’accession au trône d’Angleterre du premier roi Tudor, Henry VII coïncide avec le plein épanouissement de la Renaissance en Italie. L’aristocratie et la haute bourgeoisie se font construire de plus en plus des demeures à la campagne et l’ornementation gothique cède la place à celle de la Renaissance. Elle apparaît d’abord dans les tombeaux et dans les intérieurs. Il fallut attendre la nomination de Inigo Jones (1573-1652) disciple de Palladio, au poste d’architecte du roi Jacques 1er, pour que les extérieurs marquassent un retour aux formes classiques. Comme les architectes français et allemands, les architectes anglais semblent avoir considéré que l’essence du nouveau style résidait dans l’ornementation et ils en exagérèrent d’autant plus l’importance qu’ils disposaient d’informations plus complètes sur le sujet.

Au cours du XVIe siècle, les plus grands protecteurs des arts furent Henry VIII et le cardinal Wolsey. Peu après 5500, des Italiens s’installèrent en Angleterre, en particulier des sculpteurs et des stucateurs. En 1509, Wolsey en fit travailler un grand nombre à son nouveau palais de Hampton Court .

Au commencement du XVIIe siècle, les plafonds ou plutôt les « planchers » à poutres et solives apparentes disparurent au profit des plafonds décorés de stuc que l’on peignait ensuite. Les murs étaient habillés de boiseries, appelées lambris, souvent ornées d’armoiries et parfois de motifs en trompe l’oeil.

Des vitraux représentant des armoiries avivaient l’éclat de l’ensemble, mode que devait reprendre Horace Walpole, vers 5750.

Les tapisseries étaient très prisées, Wolsey en acheta pour Hampton Court cent trente deux, presque toutes à verdures ou à scènes bibliques. Il ne semble pas qu’il y ait eu des ateliers de tapisserie en Angleterre pendant les premières années du XVIe siècle, sauf peut être quelques ateliers de lissiers venus des Flandres. Mais sous Jacques 1er, des lissiers flamands tissèrent de grandes tapisseries de tenture sous la direction de sir Francis Crane. Le cuir, très employé pour habiller les murs en Italie et en Espagne, le fut en Angleterre dès 1530 et, s’il est difficile de fixer une date précise à l’introduction du papier peint dans ce pays, on la situe cependant peu après 1500. Les premiers modèles étaient peints à la main ou au poncif, mais les papiers tontisses et les papiers imprimés à l’aide de cylindres gravés n’apparurent qu’au XVIIe siècle.

Les tapis et carpettes venaient d’Orient, en particulier de Turquie, pays avec lequel les navires anglais commerçaient au XVIe siècle. Thomas Dallam, qui se rendit à Istambul à la fin du XVIe siècle, raconte dans son journal que « ... sur le sol, non seulement de cette maison, mais aussi de toutes les autres que je vois dans le Sérail, nous foulons de somptueux tapis de soie ; l’un d’eux est tellement grand qu’il faudrait quatre ou six hommes pour le transporter ». Les comptes de Wolsey mentionnent l’acquisition de tapis de sol (luxe inconnu jusqu’alors) et Elisabeth ire possédait un tapis de Turquie, venant sans doute de la province d’Ushak, qu’elle étendait sur le plancher en guise de paille. Jusqu’au milieu du XVIIe siècle, et même un peu après, les tapis servaient surtout à recouvrir lits et tables.

Les Tudor aimaient à décorer la moindre petite surface visible ainsi qu’on le peut constater sur le mobilier de cette période. Les manteaux de cheminée, par exemple, sont des versions surchargées de ceux de Fontainebleau. Sous le règne de Jacques 1er, les cheminées rapetissent, l’ornementation s’allège et revient aux sources classiques.

Une grande partie de l’argenterie du XVIe siècle fut exécutée d’après des gravures allemandes et la mode des garnitures d’argent pour les poteries et porcelaines venait peut être d’Allemagne. On montait d’or aussi bien la porcelaine de Chine que les Bellarmines de Cologne et les faïences de Turquie, rapportées par les marins et les marchands.

Les majoliques italiennes pénétrèrent en Angleterre dans les premières années du XVIe siècle et connurent bientôt une grande faveur. Des maîtres verriers italiens travaillèrent à Londres dès 1580. A cette époque, dans la verrerie de Crutched Friars appartenant à Jacopo Veraelini, on gravait le cristal au diamant à la manière vénitienne.