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 Les intérieurs angalis du XVIe au XVIIIe siècle : partie 1

décoration se fit légère, les meubles plus gracieux, les sièges se couvrirent d’étoffes plus fines. Les artisans ne souffraient plus de, l’horreur du vide propre à l’époque Tudor. Ils se montraient plus difficiles dans le choix de l’ornementation qui marque un retour prononcé au classicisme.

Deux tendances s’affrontent pendant la première moitié du XVIIe siècle celle des Tudor et de l’aristocratie, celle des puritains. Dans une certaine mesure, elles influencèrent toute l’évolution des arts décoratifs en Angleterre. Les puritains voulaient des intérieurs plus sobres et stigmatisaient l’excès de richesse dans l’ornementation, empêchant ainsi le style français de s’implanter, comme il l’avait fait en Allemagne. Après la Restauration, Charles II dépensa des sommes considérables pour décorer l’intérieur de White Hall ; un moment même, il caressa l’idée de le faire reconstruire sur le modèle de Versailles, mais l’argent lui fit défaut et Catherine de Bragance, sa femme, dut se contenter d’une baignoire en marbre et de tentures en soie des Indes. Charles II fut le dernier grand protecteur royal des arts jusqu’à l’arrivée au pouvoir du prince régent qui redécora et agrandit Carlton House, construisit le pavillon de Brighton et agrandit également le palais de Buckingham.

Certes, l’Angleterre possédait des artistes aussi éminents que Inigo Jones, sir Christopher Wren, sir john Vanbrugh, Colen Campbell et William Kent, mais aucun d’eux n’était de taille à dominer la scène, à l’exception, peut être, de Wren auquel il manqua peu pour devenir un très grand architecte. De nombreuses demeures anglaises furent l’oeuvre d’hommes obscurs et dépourvus de talent. Certains d’entre eux ont publié des recueils de planches qui furent souvent feuilletés et largement utilisés. Le mouvement ainsi lancé aboutit à la médiocrité qui caractérise depuis l’architecture des demeures anglaises et dont les effets déplorables se font particulièrement sentir dans l’architecture des petites maisons. Celles de l’époque de la reine Anne et du début de la dynastie des Hanovre constituent des exceptions.

Si la décoration des intérieurs anglais ne s’éleva jamais au même niveau que celui des plus belles oeuvres de l’Europe Continentale, cela tient à ce que l’Angleterre disposait d’un grand nombre d’artisans, mais, en revanche, ne possédait pas d’artistes de talent.

Les influences allemande, flamande et hollandaise se firent sentir fortement tout au long du XVIIe siècle. L’influence hollandaise fut particulièrement marquée après l’accession au trône de Guillaume III d’Orange et de Marie II Stuart. Les ébénistes employaient de préférence le bois de noyer, et la marqueterie, qui n’avait connu qu’une faveur très limitée sous Elisabeth, revint à la mode à la fin du siècle. Peu après l’avènement de Charles II, le mobilier laqué fut l’objet d’un engouement tel que les marchands ne pouvaient répondre à la demande et, en 1688, Stalker & Parker publièrent leur Treatise of Japanning and Varnishing. Cet ouvrage enseignait l’art d’imiter la laque orientale.