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 Les intérieurs angalis du XVIe au XVIIIe siècle : partie 2

L’impression des tissus à la planche était un procédé emprunté à l’Islam, au XIIe siècle peut être. Les étoffes imprimées selon ce procédé se répandirent en Angleterre vers la fin du XVXIe siècle, lorsque les artisanscommencèrent à copier les motifs indiens. Ces tissus imprimés couvrirent les murs, les lits, les tables, devinrent courtines pour ciel de lit, pentes et rideaux. Dans les riches demeures, les tapisseries de tenture continuèrent cependant à tenir une place importante.

Ce n’est qu’à partir de 1650 que l’horlogerie anglaise prit son essor ; l’horloge a toujours été considérée comme un élément indispensable des intérieurs anglais, en particulier les horloges à console et les horloges à longue gaine. Les gaines en bronze doré, style français, n’apparurent guère que vers la fin du XVXIIe siècle. En 1660, Evelyn décrit une pendule qu’il a vu dans le cabinet du Roi « Elle indique le lever et le coucher du soleil au Zodiaque ; le soleil est représenté par un visage entouré de rayons d’or sur ciel d’azur ; selon les révolutions de la terre, le visage monte et descend derrière un paysage de collines. Cette horloge est l’oeuvre de notre célèbre Fromanteel. »

Fromanteel était d’origine hollandaise et les artisans hollandais, venus en Angleterre sous le règne de Guillaume III d’Orange et de Marie II Stuart, marquèrent de leur empreinte le mobilier et, notamment, l’argenterie et la poterie stannifère. La reine Marie mit à la mode les tapisseries brodées pour les chaises, fauteuils et canapés . Elle lança également la mode des collections de porcelaines, mode qui n’a jamais subi d’éclipses depuis. « Les hommes d’Etat et les généraux eux mêmes, raconte Macaulay, n’avaient pas honte d’avoir la réputation d’être de fins connaisseurs en théières ou en dragons, et les auteurs satiriques se gaussèrent longtemps de cette belle dame qui prisait presque autant sa porcelaine verte que son singe, et infiniment plus que son mari. »

Les règnes de la reine Anne et du roi George Jer marquent un retour à la simplicité, cela s’observe sur les pièces d’argenterie, dont la beauté réside surtout dans la forme plutôt que dans l’ornementation. A la marqueterie, les ébénistes préfèrent les meubles plaqués pour lesquels ils choisissent avec le plus grand soin des placages de noyer agréablement veiné. Les bois sculptés et le gesso doré encadrant d’ordinaire les glaces argentées, les laques et les vernis, apportent une note de couleur à l’élégante sobriété des intérieurs lambrissés. De nouveaux meubles font leur apparition, tels que bureaux, secrétaires bibliothèques et, pour la première fois, on cesse de juxtaposer au hasard les éléments décoratifs pour les combiner en un tout harmonieux.

En témoignage de reconnaissance du pays, la reine Anne offrit, en 1705, à John Churchill, duc de Marlborough, le manoir royal de Woodstock, sur l’emplacement duquel elle fit édifier le palais de Blenheim. L’architecte en fut l’auteur dramatique sir john Vanbrugh qui, comme le Bernin, lequel écrivait aussi à ses heures, favorisa l’épanouissement du style baroque. On ne lésina pas sur l’argent pour décorer l’intérieur ; il est vrai que payer vingt cinq shillings le mètre les peintures murales de sir john Thornhill, n’était pas exagéré. A Blenheim, la somptuosité des meubles va de pair avec celle du décor.

Au début du XVIIIe siècle, le comte de Burlington mena le mouvement palladien de réaction contre le baroque et autres hérésies. Son collaborateur le plus connu, William Kent (1685-1748) écrivit The Designs of Inigo Jones, ouvrage publié grâce à l’aide financière du comte de Burlington.

Selon Horace Walpole, Kent était « peintre, architecte et décorateurpaysagiste ». Walpole n’appréciait guère la peinture de Kent mais il goûtait fort les meubles et autres éléments de décor que celui ci dessinait. L’auteur de Anecdotes of Painting était bon juge en la matière puisque Kent avait exécuté les peintures qui ornaient murs et plafonds de Houghton, Norfolk, qui appartenait au père d’Horace, sir Robert Walpole. Kent dessina aussi les meubles de Houghton, qui comptent parmi ses oeuvres les plus réussies .

On ne saurait nier que c’est sous l’influence de Burlington que l’architecture et la décoration anglaises marquèrent un retour au style italien d’inspiration palladienne. C’est ainsi que les meubles de Kent, de facture nettement italienne, sont richement sculptés et rehaussés de gesso doré ou d’acajou, partiellement doré. Kent aimait à décorer ses meubles d’aigles et de dauphins, mais il choisissait volontiers d’autres motifs Renaissance.

Au milieu du XVIIIe siècle, le plus grand ébéniste fut Thomas Chippendale qui avait subi l’influence du style rococo français. Ce style ne connut pas la même faveur en Angleterre qu’en France. Il se manifesta d’abord dans l’orfèvrerie et, en particulier, dans les oeuvres de Paul de Lamerie. En 1745, il gagna la céramique.