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 Néo classicisme et style Empire

Le rococo fut à la mode pendant toute la période où la marquise de Pompadour régna sur Versailles, mais, un ou deux ans avant sa mort, en 1764, un nouveau style commença de poindre, style qu’elle encouragea. Et pourtant, en un sens, il était dirigé contre elle. Ses opposants en étaient les propagateurs ; mécontents de l’ingérence de la marquise dans les affaires de l’Etat, ils n’épargnaient aucun effort pour la couvrir d’opprobres.

Cette mode nouvelle, le néo classicisme, est souvent appelée le style Louis XVI, bien qu’il ait commencé plus de dix ans avant l’accession au trône de ce roi . Son origine remonte à la découverte de Pompéi et d’Herculanum, près de dix sept siècles après leur disparition. L’emplacement de Pompéi avait été retrouvé dès 1748, mais les recherches systématiques ne commencèrent qu’en 1755 et les résultats en furent si remarquables que les fouilles se poursuivent encore de nos jours. Ces découvertes survenaient à un moment opportun. Un nouvel enthousiasme pour les institutions et l’art gréco romain souleva l’Europe. Des historiens de l’art, tel que Winckelmann, des encyclopédistes et théoriciens de la politique tels que Diderot, sir William Hamilton, époux de la maîtresse de Nelson et ambassadeur à la cour de Naples, des amateurs d’antiquités tels que le comte de Caylus, apportèrent une contribution importante à l’étude de la civilisation romaine, d’après les données recueillies à Pompéi. En Angleterre, un catalogue de la collection Hamilton inspira une grande partie de l’oeuvre des frères Adaimet de Josiah Wedgwood. D’autres catalogues inspirèrent architectes, décorateurs et artisans de tous genres et jouèrent un rôle considérable dans l’évolution de ce style.

C’est en France, vers 1760, que l’on trouve les premiers signes d’un renouveau classique. Ils coïncidèrent avec le retour du frère de Mme de Pompadour, qui était allé étudier l’art à Rome, et avec sa nomination au poste d’intendant des Bâtiments, où il succédait à son père putatif, M. Le Normant de Tournhem (mort en 1751) rare exemple de népotisme couronné de succès. Les années qui suivirent marquèrent une période de transition, durant laquelle les éléments renouvelés du classicisme apparaissent sur des objets qui appartiennent encore au style rococo. Toutefois, ces éléments sont moins directement liés au classicisme de la Renaissance qu’auparavant, et ils sont plus directement empruntés à l’art grec et à l’art romain. Les motifs grecs traditionnels, tels que frettes, postes, oves, et dards ornent de plus en plus souvent les meubles.

Au début, le mobilier conserve ses courbes, mais les lignes deviennent plus sévères. Les pieds galbés disparaissent pour faire place aux pieds en colonnettes amincis à la base, parfois cannelés ; et, vers 1775, la transformation est complète les courbes ont disparu et ne réapparaîtront qu’au XIXe siècle. Avec ce retour à la symétrie, aux lignes plus austères, à l’effacement des courbes, l’ornementation se fait plus discrète que pendant la période rococo. Les volutes aériennes s’en étaient allées avec les galanteries de Watteau et les déesses aux joues vermeilles de Boucher. A leur place, nous avons la sentimentalité bourgeoise de Greuze et de me Vigée Lebrun.