Au début, le décor intérieur change peu. Après le départ de Falconet, en 1766, la porcelaine de Sèvres adopte le nouveau style, et c’est le commencement de son déclin. Sur les vases et les jardinières, aux scènes pastorales et aux paysages de Boucher, succèdent les thèmes classiques et les portraits médaillons en grisaille. Agrémentés d’ornements tels que guirlandes, feuilles d’acanthe et de laurier disposées de façon symétrique, ces ornements étaient d’ordinaire en bronze doré. Les vases, de forme plus dépouillée, aux anses plus angulaires, rappellent plutôt ceux des orfèvres et bronziers de la Renaissance que ceux des anciens potiers. La Manufacture de Sèvres, elle même, eut quelques difficultés à reproduire les modèles de la Grèce antique et, seule, celle de Wedgwood y parvint .
Dans la tapisserie, l’influence de Boucher est manifeste jusqu’en 1770, et même au delà, car tisser de grands panneaux n’est pas l’oeuvre d’un jour. Les sujets allégoriques et mythologiques prirent de plus en plus de place, et cela avant même la Révolution ; simultanément, les thèmes romains remplaçaient de plus en plus les thèmes grecs. On reproduisait avec une grande exactitude les tableaux à une échelle réduite, ce qui était contraire aux traditions des tapisseries de qualité. Les garnitures de sièges en tapisserie, très à la mode sous Louis XVI, permettaient de maintenir les manufactures en activité quand la demande en tapisseries de tenture diminuait.
Un facteur contribua au déclin de la tapisserie de tenture : la vogue croissante des papiers peints. Ils étaient produits par la Manufacture d’Etat et, en 1785, Christophe Philippe Oberkampf (dont le nom est commémoré par une station du métro de Paris) inventa la première machine à imprimer le papier, tandis que Louis Robert inventait celle qui permettait d’obtenir des rouleaux sans fin. Le modèle reproduit est l’oeuvre de Louis Lafitte ; il fut imprimé à Paris en 1812. C’est un exemple parfait de papier pictural, mais il illustre la dernière version Empire du néo classicisme.
En dépit du mélange de styles qui marqua le milieu du siècle, le classicisme, sous une forme ou sous une autre, avait prédominé en Angleterre à partir d’Inigo Jones et de Christopher Wren. La Society of Dilettanti, fondée en 1734, favorisa les fouilles des sites classiques, en particulier ceux de Grèce. Les voyageurs anglais revenant du « grand tour », qu’il était alors de bon ton d’entreprendre, ramenaient des souvenirs sous forme d’échantillons d’art ancien, mais, poursuivant des objectifs beaucoup plus sérieux, la Société organisait des expéditions dont elle publiait les résultats. Aussi l’influence de Strawberry Hill s’estompa t elle rapidement, cédant la place à celle des frères Adam, fortement imprégnés par l’art de Pompéi.
Le plus connu des quatre frères, Robert, étudia en Italie et visita, en 1754, le palais que Dioclétien s’était fait construire en Dalmatie ; il en rapporta des croquis nombreux et détaillés. En collaboration avec son frère James, il dressa les plans de plusieurs manoirs, attachant une attention toute particulière à la décoration intérieure.