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 Les employés immigrants

Un des premiers immigrants, Bonnin, employé à la manufacture de Bow, participa à la fondation de la manufacture Bonnin and Morris, qui s’implanta à Philadelphie vers 1780. Il semble que les premiers modèles sortis de cette nouvelle manufacture aient été copiés sur les porcelaines de Bow, du moins à en juger d’après les quelques spécimens qui ont survécu. A cette même époque, Josiah Wedgwood écrivait à son associé, Bentley, à Londres, pour lui annoncer que des agents venus d’Amérique se proposaient de recruter dans le Staffordshire d’habiles potiers. Vers 1830, William Ellis Tucker produisit d’admirables porcelaines qui soutenaient largement la comparaison avec les porcelaines chinoises d’Europe, mais sa manufacture eut une existence très brève.

Dès 1607, on entreprit en Virginie la fabrication du verre pour alimenter le commerce des perles qui servaient de monnaie d’échange avec les Indiens. Mais il reste peu d’échantillons de verrerie antérieurs au début du XIXe siècle. C’est pour cette raison, que le verre américain du XVIIe siècle est si rare et si prisé. Au XVIIIe siècle les maîtres verriers les plus connus furent Caspar Wistar, de New jersey, Henry Stiegel, de Pennsylvanie, et john Frederick Amelung. Tous les trois travaillèrent dans la tradition allemande.

Avant 1700 déjà, Boston était un centre artistique réputé. Ses orfèvres venaient presque tous d’Angleterre, tandis que New York accueillaient au XVIXe siècle les orfèvres hollandais et français. Dans l’ensemble, le style des orfèvres américains rappelle beaucoup celui des orfèvres anglais du règne de George Ier et ils employaient les mêmes techniques. La vaisselle d’étain, destinée aux familles moins aisées, était plus sobre et moins élégante.

L’argenterie américaine du XVIIIe siècle est d’une qualité excellente.

Elle est assez rare. L’orfèvre le plus connu, Paul Revers, de Boston, est plus célèbre encore pour être allé, en pleine nuit, de Lexington à Concord, avertit le peuple que les troupes britanniques approchaient. Sa coupe les Fils de la liberté qui commémore la Révolte du Parlement du Massachussetts contre George III, est conservée au musée des Beaux Arts de Boston .

Le bois abondant dans le Nouveau Monde, on l’employa beaucoup plus qu’en Europe dans la construction ; presque tous les murs étaient recouverts de boiseries d’excellente qualité, parfois cirées, le plus souvent peintes. Jusqu’à la fabrication du papier mural en rouleaux sans fin, le papier peint à la main ne connut qu’une faveur très limitée.

Les parquets étaient d’ordinaire recouverts de tapis faits à la maison. Ils se composaient de débris de laine et de tissu noués au crochet sur un canevas. Avec le temps, ces tapis s’ornèrent de motifs géométriques et floraux. D’origine franco canadienne peut être, ils furent perfectionnés par les femmes de la jeune Amérique dont les tapis constituent maintenant des pièces de collection. Au début du XVIIIe siècle, les tapis d’Orient commencèrent à arriver en Amérique, mais pendant longtemps on ne les utilisa que comme dessus de table, car ils étaient rares et très coûteux. Rares aussi étaient les tapis d’Aubusson et de la Savonnerie. Il est probable que l’usage des tapis se vulgirisa vers le milieu du siècle avec l’importation de tapis provenant des manufactures anglaises d’Axminster et de Kidderminster.