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 La débacle du XIXe siècle

La débäcle du XIXe siècle fut marquée par deux styles renouvelés de l’art roman l’Empire français et le Regency anglais. Ils furent suivis d’un retour au style grec, qui ne joua pas un grand rôle à l’époque. En Angleterre, ces mouvements néo antiques furent suivis d’un retour au gothique romantique lié à l’engouement pour le style « élisabéthain » ou « Tudor » appelé à cette époque « Baronial » style qui, sous l’influence de Walter Scott était abondamment assaisonné d’éléments gothiques. Un style italien, dit « pittoresque » et agrémenté de touches palladiennes, jouit d’une moins grande popularité que le style gothique ; on le rencontre cependant jusqu’au milieu du XIXe siècle. A partir de 183o, toute église anglaise se devait d’être construite en style néo gothique.

Cette période où régna une grande confusion des styles connut son point culminant avec la doctrine de l’éclectisme selon laquelle tous les styles ont une valeur égale, chacun dans son genre. Les architectes s’autorisèrent de cette doctrine pour mélanger les styles italien, grec, médiéval, élisabéthain, si tel était le bon plaisir de leurs clients. Vers 5850, ces idées soulevèrent une querelle entre les défenseurs du classicisme et ceux du gothique, lutte dont les derniers sortirent momentanément vainqueurs. En Angleterre, la reine Victoria, elle même, n’entreprit rien pour apaiser la dispute. Osborne House, qu’elle acheta en 5845, est de conception italienne, tandis que sa résidence favorite, Balmoral, fut construite selon une ordonnance élisabéthaine mais avec des ornements écossais.

La grande vogue du gothique en Angleterre, vers le milieu du siècle, tient en partie à ce qu’on l’associait à la notion de christianisme. Ruskin avait l’art classique en horreur et son ouvrage Seven lamps of Architecture, publié en 1849, eut une portée considérable. Avec une ignorance qui n’avait d’égale que sa morgue, il écrivait « Je me désintéresse de tout ce qui est postérieur au XIVe siècle. » L’influence qu’il eut sur la majorité de ses contemporains découle de la facilité avec laquelle il liait l’art et la morale.

Quel que fut le style adopté pour l’extérieur, la décoration intérieure ne s’y conformait pas toujours. Un architecte de cette période, se plaignant des préjugés de ses clients, écrivait : « En ce qui concerne les demeures élisabéthaines, il faut reconnaître qu’avec un traitement approprié et en prenant grand soin d’éviter tout ce qui serait authentiquement médiéval, on peut en faire quelque chose d’assez agréable. » Il estimait que ce style permettait une grande fantaisie dans le décor intérieur, ce qui était peut être vrai, puisqu’il n’avait pas à s’harmoniser avec une architecture extérieure cohérente. La plupart des architectes étaient tout disposés à agrémprrtèr la décoration intérieure d’éléments « moyenâgeux » authentiques et même à imiter en stuc les réseaux en éventail.

Si l’influence du gothique de Strawberry Hill avait subi une éclipse lors du retour au classicisme des frères Adam, elle était loin de s’être éteinte. Le gothique de Walpole ne ressemblait guère à celui de William Beckford, pour qui James Wyatt (1743-1818) construisit à grand frais cet invraisemblable et théâtrale absurdité : Fonthill Abbey . Pour élever cette parodie d’une abbaye médiévale, aussi vaste qu’une cathédrale, des équipes d’ouvriers se relayèrent jour et nuit. La tour s’effondra avant que d’être achevée et ce qui en restait a été abattu depuis.

Encore que le gothique ait été considéré dans les années 1830 comme le seul style susceptible de créer « cette pénombre, toute grandeur et solennité, qui invite au recueillement », essentielle, pensait on, à l’architecture des églises, ce fut seulement lorsque sir Charles Barry se vit confier le soin d’édifier le nouveau Parlement que le gothique passa dans le domaine profane.