Le classicisme ne réapparut qu’en 1870, date à laquelle l’Amirauté, sur la Horse Guards Parade, fut construite dans le style classique. Cet édifice allait sonner le glas du gothique, sauf dans le domaine religieux où il continua de régner jusqu’aux temps présents.
Ce n’est toutefois pas en Angleterre que l’on trouve l’exemple le plus extraordinaire de retour au Moyen Age, mais en Bavière, au sommet de l’Allgau. Neuschwanstein, construit par Louis II, est un impressionnant château pseudo médiéval. Il occupa jusqu’en 1886, non seulement le roi, mais aussi les architectes von Doilman, Riedel et Hofmann. Ce fut dans ce cadre, qu’en qualité d’ami et de protecteur de Wagner, Louis II s’efforça de faire revivre le monde de Lohengrin et de Tannh.user. Si abâtardi que soit son style roman, ce château fascine littéralement les amateurs de grandiose.
Dernier des grands bâtisseurs de palais, Louis II mérite plus d’attention qu’on ne lui en accorde d’ordinaire. Le Linderhof, imité de Trianon, émerge, lui aussi, spectaculaire, des montagnes de l’Ammergau. Il y travailla de 5875-5878, et le salon des Gobelins en est la pièce maîtresse.
Dressé sur une île du lac Chiemsee, le palais de Herrenchiemsee est resté inachevé ; édifié par Louis II de Bavière, entre 1878 et 1885, à l’image de Versailles, il est cependant une des oeuvres architecturales les plus impressionnantes de toute l’Allemagne. Sa galerie des Glaces, longue de deux cent quarante cinq pieds, somptueusement décorée, et la reconstitution de la chambre à coucher de Louis XIV, ont, dit on, coûté plus de onze millions de francs actuels.
Le XIXe siècle est unique. En dehors de l’interrègne gothique et de l’amusante passade pour l’art oriental, les styles antérieurs avaient suivi une évolution naturelle, puisant aux sources de l’art grec et de l’art romain, jusqu’à la fin de la période Empire. Les Victoriens, eux, évoluaient dans un monde qui avait été largement exploré et les connaissances dans le domaine artistique s’appuyaient sur des documents sérieux que venaient alimenter les objets rassemblés dans les collections aussi bien publiques que privées.