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 Fabrications des éléments d’intérieur

Dès la fin du XVIIIe siècle, on dessina de plus en plus des modèles dont les éléments fabriqués en série étaient ensuite facilement assemblés. L’effet de ces nouvelles méthodes de production se fit sentir en 1851, lors de la première exposition universelle, qui allait exercer une profonde influence sur la fin du XIXe siècle.

Il reste très peu de meubles du début de la période victorienne, et encore on les vend le plus souvent sous l’étiquette « fin Regency ». Quelques grandes demeures en ont conservés de très beaux, en particulier celles qui appartiennent aux familles royales d’Angleterre, mais ils sont rarement caractéristiques de l’époque. Les spécimens reproduits dans les catalogues de l’Exposition Universelle ne sont pas caractéristiques non plus ; ils étaient surchargés d’ornements afin d’attirer l’attention. Une bourgeoisie aimant son confort souhaitait des meubles bien rembourrés et pas nécessairement prétentieux. Quelques uns de ces meubles rappelaient les Biedermeier allemands, abréviation de Biedermann et Bummelmeier, personnages d’une série de caricatures parue dans un journal berlinois du temps et raillant les classes moyennes. La version allemande présente des qualités « négatives » de simplicité et de solidité tout en conservant certains éléments du vieux style Empire. Presque tous les pays européens ont produit leur version personnelle du Biedermeier. La version française s’appelle style Charles X. Les meubles conçus dans ce style étaient, en général, exécutés en bois blond, clair et doré, rehaussés de filets noirs et d’ornements dorés.

Le mobilier gothique, tel que chaises à dossiers en ogive « à la cathédrale », furent à la mode à partir de 1830. Quelques cabinets furent enrichis de sculptures gothiques mais, d’une manière générale, les meubles de qualité étaient rares. En revanche, le rococo inspiré du Louis XV et le rococo style « Pompadour » dominèrent dans les modèles présentés à l’Exposition Universelle de Paris, en 1851 . La version française est, dans l’ensemble, plus spirituelle et plaisante.

Le papier mâché fut introduit en France dans les premières années du XVIIe siècle. Il servait à fabriquer de menus objets. Un peu après 1760, on s’en servit en Angleterre pour façonner des vases. Son emploi ne se généralisa que vers 1770, après l’invention, sans doute par Henry Clay, de Birmingham, d’un procédé permettant de vernisser le papier mâché.

La fabrication de meubles en papier mâché prit un grand essor dans les années 1850, lorsque Jennens and Betteridge se mirent à en produire. Une pièce ainsi décorée est reproduite .La surface était peinte, incrustée de nacre et de métal et saupoudré de poussière d’argent, d’or, ou de cuivre. Au contraire des premières imitations de laque faites à l’aide de vernis, le papier mâché est rarement décoré de motifs orientaux, du moins jusqu’en 1825, où la mode des chinoiseries connut un bref regain.

Les meubles dans le style de Boulle furent très appréciés en France, entre 1830 et 1840 . A cette même époque, les ébénistes londoniens, comme Louis Le Gaigneur, de la Manufacture Buhl (sic), près de Edgware Road, copiaient la marqueterie à incrustations d’écaille, rehaussée de cuivre, caractéristique de Boulle. En France, cette mode persista ; au XVIIIe siècle, Charles Joseph Boulle (mort en 1754) reprit la tradition, que devait entre autres perpétrer Henri Dasson au XIXe siècle.

Les meubles inspirés par la Renaissance italienne étaient souvent surmontés de plateaux taillés dans le marbre par des machines à vapeur. Cette phase néo Renaissance commença en France avec Michel Liénard. Les ornements Renaissance sont repris, mais sous une forme abâtardie.

Le style élisabéthain, inconnu en France, jouit d’une grande vogue en Angleterre à partir de 1835. D’abord limité aux armoires fabriquées avec de vieux panneaux de chêne, le style s’épanouit dans les reproductions des buffets sculptés.

Quelques décorateurs réussirent même à imposer un style différent pour chaque pièce. Une annonce publicitaire de l’époque recommande le gothique, l’élisabéthain, ou le « Vieil Anglais » pour la salle à manger, la Reine Anne, le Chippendale ou le Louis XVI pour le salon. En règle générale, la dignité de la bibliothèque exigeait un ameublement pseudo élisabéthain. Il y eut quelques essais de style gothique japonais, sous l’impulsion de sir Charles Eastlake qui se proposait à vrai dire de fournir des modèles pour la fabrication en série. Le marché des meubles anciens et authentiques était très réduit, il se limitait à quelques amateurs éclairés.