Au milieu du XIXe siècle, les tapisseries étaient très recherchées comme tentures murales, mais les occasions de s’en servir étaient rares. On continuait à préférer les tapisseries à grandes compositions de la fin du XVIIIe siècle, et les cartonistes pastichaient à l’envie des artistes aussi différents que Sebastiano del Piombo et Horace Vernet. Les manufactures produisaient surtout à cette époque des tapisseries pour recouvrir les sièges, ainsi que des tapis. La fabrication des tapis à la machine, introduite en Angleterre peu après 1830, porta un coup très rude à cette industrie. Les tapis français étaient très appréciés en Angleterre où ils décoraient les intérieurs les plus somptueux. On tapissa les chaises de satin, on enrichit les salons de draperies en soie moirée, parfois rayée. Papiers gaufrés et papiers gravés à la planche couvraient également les murs. Pugin et Owen Jones fournirent des dessins gothiques pour cette fabrication, tandis que Huntington préférait le style rococo, même après 86o. C’était la France qui produisait les plus beaux papiers peints picturaux ; ils étaient d’ordinaire gravés en couleur à l’aide de cylindres en bois. Les impressions les plus riches en exigeaient jusqu’à mille cinq cents. Sous l’influence de William Morris (1834-1896) et de Walter Crane (1845-1915) les papiers décorés de motifs floraux et géométriques qui se répétaient à l’infini devinrent à la mode et ces deux artistes influencèrent également les dessins des tissus imprimés.
Or et argent continuèrent à décorer les intérieurs ; toutefois les machines remplacèrent dans une large mesure la main d’oeuvre artisanale. Sir Henry Cole incita alors des artistes à dessiner des modèles ; il y réussit dans une certaine mesure et quelques orfèvres de talent exécutèrent des pièces d’une rare beauté, en particulier d’imposants surtouts de table. Certains modèles s’inspiraient des découvertes archéologiques, par exemple le 1 lildesheim Silberfund qui remontait à la Rome antique. Mais d’une manière générale, le développement de la fabrication de pièces en métal argenté, ou ruolz, qui remplaça l’argent Sheffield du XVIIIe siècle, déprécia l’argenterie massive.
Les Anglais éprouvèrent à cette même époque une véritable passion pour le vieux Sèvres, même lorsqu’il ne s’agissait que d’excellentes reproductions ou pastiches sortis des manufactures de Coalport et de Minton. En Angleterre, le rose Pompadour, employé à Sèvres, entre 1757 et 1764, pour les plus belles porcelaines, fit fureur ; au XIXe siècle, on se l’arrachait sous l’appellation erronée de rose du Barry, erreur due sans doute à une confusion entre les maîtresses de Louis XV. Minton fabriqua des imitations de majoliques italiennes et les oeuvres du célèbre potier émailleur de la Renaissance, Bernard Palissy, dont les figurines, dites à tort « rustiques », décorées de serpents et de lézards admirablement modelés en relief, connurent un succès considérable. L’engouement pour les émaux jaspés de Palissy avait déjà contribué au développement en France d’une industrie florissante qui se consacrait à la reproduction en série de ses modèles. Dans le Staffordshire, l’influence française fut renforcée par l’arrivée de Léon Arnoux et Carrier Belleuse, nommés professeurs à l’école de dessin. Certaines manufactures de porcelaine puisèrent largement dans le répertoire de l’ornementation gothique et, sous le nom d’« alhambresques », elles produisirent aussi des porcelaines rehaussées de motifs très librement copiés des oeuvres artistiques hispano mauresques.