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 La débacle du XIXe siècle : suite 3

 Des décorateurs européens, comme joseph Duveen qui rejoignit son oncle Henry à New York, franchirent l’Atlantique pour moissonner une riche récolte au delà des mers. Duveen entreprit de vendre des antiquités pour la décoration, en particulier des tapisseries et des sculptures ; il fournit à ses clients des modèles d’intérieur où le plus petit détail n’était pas oublié à un prix très élevé bien entendu. Ce fut seulement après avoir fait la connaissance de Bernard Berensori qu’il devint le plus grand marchand de tableaux depuis le cardinal Mazarin.

La vogue du mobilier français commença vers 1880, en grande partie sous l’impulsion de Henry Duveen. Les tableaux de Renoir s’harmonisaient à merveille avec la décoration intérieure française ; sans doute offraient ils une solution de remplacement aux oeuvres de Rubens, très appréciées en France à cette même époque. En ameublement, on recherchait surtout les styles Louis XIV et Louis XV baroque et rococo français et il fallait créer un cadre à ces meubles. Tapisseries des GoL. lins, garnitures et figurines en biscuit de Sèvres, montures d’or moulu aux motifs fouillés, chenets, appliques et luminaires en bronze doré, toutes choses qui auraient rempli de joie le cour de Lazare Duvaux, faisaient l’objet d’une demande incessante. Les plus belles pièces atteignaient des prix fabuleux qui n’ont plus jamais été atteints, du moins en tenant compte de la dépréciation de la monnaie. Le goût qui dictait le choix des oeuvres d’art n’était pas toujours parfait, mais les millionnaires de Paris le partageaient. Après quelques hésitations, quelques fluctuations, le goût français s’est affirmé des deux côtés de l’Océan, encore que peu nombreux sont ceux qui peuvent payer une pièce d’ameublement ancienne au prix qu’elle atteignait au XIXe siècle. A de rares exceptions près, la porcelaine de Sèvres n’est plus autant recherchée.