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 Art oriental

Dans le domaine de l’art oriental, Morgan avait des goûts diamétralement opposés à ceux de Freer. Il aimait les riches vases famille verte et famille noire (ces derniers ornés surtout de motifs émaillés vert vif, parfois sur fond noir), dont les dessins étaient souvent choisi en fonction du marché d’exportation. Morgan partageait ce goût avec l’impératrice douairière de Chine et l’Australien George Salting, dont la collection se trouve maintenant au Victoria and Albert Museum. Salting et Morgan avaient des points communs ils achetaient tous deux le même genre d’objets d’art, mais Salting travaillait à une échelle plus modeste certes.

Le goût plus raffiné de Freer allait ouvrir la voie à une meilleure connaissance de l’art chinois connaissance qui commença plus ou moins avec la construction des chemins de fer chinois. En creusant des tranchées, les ingénieurs découvrirent des cimetières de l’époque Tang et ramenèrent au jour des figures tombales en poterie de cette période (1618-1906 après jésus Christ). Avant même cela, il existait un marché, réduit mais influent, pour les objets d’art chinois appartenant à des dynasties plus anciennes. Les découvertes archéologiques élargirent ce marché et, bientôt, l’art chinois des diverses régions et des diverses époques prit une place modeste dans la décoration intérieure. A la même époque, aux Etats Unis, l’art primitif souleva l’intérêt du public, qui se passionna pour les sculptures trouvées dans des endroits aussi distants l’un de l’autre que l’Afrique et la Mélanésie.

Sauf pour les intérieurs les plus riches, le goût « millionnaire » perdit son influence à la lin du XIXe siècle. Toutefois, si l’on doit en croire un catalogue de magasin de ventes, la demande en oeuvres de la Renaissance persista jusqu’au désastre économique de 1929. Il semble que le retour à l’art de la Renaissance ait coïncidé avec des ères de grande prospérité et, de nos jours, on note un regain de faveur pour ce style, quoique sous une forme un peu différente. Le mobilier de cette période est en effet trop massif par rapport aux dimensions restreintes des pièces modernes, aussi est ce surtout les majoliques et les bronzes que l’on recherche le plus. C’est la décoration de certains hôtels européens ou américains, comme le Plaza de New York, qui se rapproche le plus actuellement du style Renaissance.

Au début du XXe siècle, un mouvement se dessina vers un retour au style colonial américain. Des meubles quittèrent les combles où ils avaient été relégués et apparurent chez les antiquaires. Les plus beaux continuent à atteindre des prix très élevés.

L’ameublement dit « missionnaire » jouit d’une vogue plus modeste au début de ce siècle. Ces meubles datant des anciennes missions espagnoles, établies dans le sud ouest, sont très simples, dépourvus d’ornements, ce qui rend leur production sur une vaste échelle relativement facile. Mais cet engouement modéré donna une impulsion nouvelle à la tendance vers un retour à la simplicité, sensible également en Europe, et qui fit partie de la campagne moderniste de « nettoyage ». Que la majorité de ces meubles « missionnaires » aient été taillés sans art dans des bois grossiers n’a pas empêché ce style de jouer un rôle continu dans l’art de l’ameublement.

Au XXe siècle, surtout aux Etats Unis, un facteur important intervint dans la décoration : le prix élevé de la main d’oeuvre par rapport à celui de la matière première. Le moindre motif d’ornementation qui ne pouvait être exécuté par les machines revenait à des prix exorbitants, aussi, estimant que leurs clients étaient des meubles alourdis des sculptures et des garnitures de mauvais goût dont le XIXe siècle avait été si prodigue, les ornemanistes dessinèrent des meubles simples, remplacèrent les tentures et les papiers muraux multicolores par des surfaces unies (« couleurs pures ») et rejetèrent tout ce qui n’était pas essentiel. Dans leur crainte de commettre des fautes de goût, ils éliminèrent tout ce qui risquait de les faire tomber dans l’erreur.

Le phénomène le plus surprenant de la période qui suivit la Seconde Guerre mondiale, si fertile en théories extravagantes pour tout ce qui touche à l’art, est l’engouement inouï pour les oiseaux de porcelaine reproduits d’après nature, selon les règles traditionnelles, que Dorothy Doughty créa pour la Manufacture royale de porcelaine de Worcester (Worcester Royal Porcelain Company) . En 1965, une paire d’oiseaux, retirée de la fabrication, se vendit à New York cinquante mille dollars (environ deux cent cinquante mille francs actuels) prix rarement atteint même par les plus beaux spécimens de porcelaine antique. Peut être une partie des Américains ont ils ainsi manifesté l’insatisfaction latente que leur inspire la décoration contemporaine prise dans son ensemble.

Depuis 1945, l’art et la décoration ont évolué et il semblerait que les idées prennent naissance à New York plutôt qu’à Paris. Certaines sont très prometteuses et permettront peut être de sortir de l’impasse où sont immobilisés l’art et la décoration contemporains.