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 Déco Réstaurant Elizir

AVEC SON CONCEPT DÉCALÉ OÙ SE MÉLANGENT ALLÈGREMENT TENDANCES KNOLL ET BELDI SUR FOND DE MUSIQUE LOUNGE, ELIZIR, RESTAURANT 100% SOUIRI, AMUSE ET SÉDUIT TOUS LES FANS DE LA VILLE.

II a toujours rêve de faire ça Abdellatif. Tout petit déjà, à 7 ans, le gamin qui lavait les barques de pêcheur se disait qu’un jour, quand il serait grand, il ouvrirait un restaurant. Ce rêve, le petit commis y croyait toujours, quelques années plus tard, dans la fumée de charbon des gargotes du port. Moins que le jeune homme devenu vendeur, qui s’amusait à 120 tuer le temps de bazar en brocante ou boutique de disques, en peaufinant l’ambiance et le décor. Et plus encore quand vint le temps de la rencontre, puis du départ l’Italie, l’espoir d’une vie meilleure, l’ambition de faire de l’argent et de pouvoir enfin le monter ce restaurant... avec, pour toute réalité, les petits boulots, le travail en usine, un petit détour côté cuisine, mais surtout la nostalgie et le mal du pays.

Retour dans la médina des vents, ni revanchard ni frimeur, avec à peine assez pour financer son projet. Mais le Souiri est ici chez lui et la chance lui sourit. TI fait l’acquisition d’une grande maison à restaurer, qui forme pignon sur rue. Le rêve devient réalité. Il ne le lâchera plus. Même si l’argent vient à manquer. Qu’il doit essuyer les refus des banquiers.

Juin 2006 : Elizir ouvre ses portes. Le succès ne se fait pas attendre. La critique, unanime, tient en un mot enfin. Enfin un vrai restaurant souiri tenu par un enfant du pays. Enfin un lieu avec une vraie identité, qui renoue avec l’esprit "arty" de la ville, loin du folklore et des clichés que les prétendus « riads à tapas ou de poisson" avaient fini par faire oublier. Ici, on est chez à Essaouira. Ça se voit, ça se sent et ça s’entend.

Dès l’entrée, on est conquis par cette sensation de chaleur et ces notes jazzy qui s’égrainent comme autant de signes de bienvenue. Et, le décor, qui surprend vraiment, à mesure que l’on grimpe l’escalier, que l’on découvre, de pièce en pièce, cet univers surprenant, pétillant, décalé, complètement insensé et pourtant réussi. Celui d’une maison de ville traditionnelle tendance lounge peuplée de meubles et luminaires vintage des années 60 et 70, chinés au fil du temps à Essaouira, Casablanca, Marrakech ou Tanger. Qui se mélangent par une étonnante alchimie, avec des objets anciens en bois zouaké, un vieux porte courrier, une feuille de palmier, une main de Fatima en bois de thuya, des jouets façon art brut ou récup’ pour rappeler, comme les touches de rouge et de vert, qu’on est ici au Maroc, et pas ailleurs.

Et puis il y a Abdellatif, la trentaine cool, ses yeux rieurs, sa sincérité, sa générosité qui touche parce qu’elle est spontanée et vient vraiment du cour. Tout ça vous met à l’aise. Et la carte, évidemment, aussi surprenante que le lieu. Des alizés de saveurs bio qui chantent la fraîcheur des souks de Had Dra, des marchés, de la médina, du port. Une cuisine inventive, audacieuse, élaborée chaque jour de concert avec ses cuisinières, ses "femmes". Six femmes du pays elles aussi, dont il prend soin et qui le lui rendent bien. Car si le tagine de dromadaire aux haricots verts, de poisson aux patates douces ou de veau aux artichauts n’ont jamais eu de secret pour ces cuisinières chevronnées, elles maîtrisent tout aussi bien ces petits tours de main italiens ou d’ailleurs qui bousculent avec humour les classiques de la cuisine marocaine et font toute l’originalité de la carte.

Comment alors ne pas s’y sentir bien quand tout concourt à donner du bonheur. Quand tout vous met de bonne humeur, pétille, fait vi124 brer les papilles et réchauffe le cour. D’ailleurs,
anonymes ou célébrités, les amoureux de la ville ne s’y sont pas tropmés : à l’instar de la créatrice de mode Agnès b, ils en ont fait leur Q.G.