Accueil du site /

 Les styles : Napoléon III, Louis XV

Il y a quelques années encore, seul avait droit au titre d’ancien le meuble d’avant 1800. Depuis, on en est arrivé à intégrer dans cette catégorie, le meuble âgé de 100 ans.

Le meuble moderne plait aux jeunes, mais il se dégrade vite. A peine entré chez vous, il perd 30% de sa valeur marchande. Cinq ans plus tard, il n’est plus négociable. Le meuble ancien, par contre, acquiert de la valeur avec l’âge, sans se dégrader. Il représente donc un moyen de ne rien perdre de son capital. Aussi, dans les temps de dévaluation de la monnaie, connaît il un regain de succès.

Rustique ou citadin

  • Il arrive que la différence entre l’un et l’autre ne fasse aucun doute, mais certains meubles rustiques ont une élégance telle qu’on pourrait les confondre avec le citadin.
  • Ce dernier est galbé et poli, à garnitures de métal de bronze doré (entrées de serrures, enveloppement de pieds et d’angles). Il est généralement garni d’une tablette de marbre rose ou gris.
  • Néanmoins, le rustique est en général plus lourd, sans galbe, en bois ciré et à tablette également de bois.
  • Il se trouve surtout dans les campagnes, mais non dans les demeures seigneuriales, s’accommode de quelques dégradations qui sont des garanties de leur âge, même recherchées par les marchands. Le citadin, plus délicat, ne supporte aucune éraflure. C’est pourquoi les commerçants s’empressent de le restaurer pour lui donner l’éclat du neuf. Malheureusement, ils le soumettent parfois à des traitements discutables. Eux aussi fouillent les greniers et les caves, à la recherche du meuble ancien. Lorsque celui ci a séjourné longtemps dans un local sans chauffage, il s’imprègne d’humidité. Pressé de l’écouler, le marchand le « vernit » immédiatement, emprisonnant ainsi cette humidité sous une pellicule sans souplesse. Mais, lorsque le meuble pénètre dans une habitation à température normale, l’humidité, pour s’évaporer, dilate le bois, faisant craquer la couche imperméable et provoquant des fissures irréparables.
  • Un tel meuble aurait dû séjourner dans un lieu chauffe pendant au moins le temps d’un hiver et être ensuite « repoli ». Faites toujours la différence entre vernissage et polissage : le premier n’est qu’une couche aussi rapidement posée que celle d’une simple peinture, le second est un travail d’ébéniste appelé aussi « vernis au tampon ». Mais il exige une attention longue et soignée, par conséquent il est plus coûteux.

Le style Empire

C’est de tous, peut être, celui qui n’a pas eu son meuble rustique. Rien que du citadin ! Quelle en est la raison ? Dans les campagnes, les modes ont toujours un certain retard sur celles des villes. Pour le meuble, il faut compter quelques années. Or, sous le règne de Napoléon, relativement court, le style Empire n’a pas eu le temps de pénétrer jusque dans toutes les régions de France.

Le Louis XV

Il y a le Louis XV et le Louis XV liégeois. Au XVIIIe siècle, la cité de Liège, extrêmement prospère, était celle d’une bourgeoisie riche. Les ébénistes s’inspiraient du style français mais sans se livrer à de serviles copies. Le Liégeois est fort apprécié. Ses éléments sont reconnaissables à la « rocaille » très abondante, à de brillantes fantaisies dont l’asymétrie des détails. La forme même des meubles est particulière : buffets à deux corps, horloge intégrée dans le bois. Autres signes qui le différencient : fronton décoré par une coquille déchiquetée, médaillons, cartouches et mascarons.

Le Napoléon III

Solide, monté sur chêne, bien construit, et relativement proche de nous, ce qui fait que quantité d’éléments en très bon état existent encore, ce style jouit d’une certaine considération. Avec ses bois polis et ses beaux marbres, il se classe dans la catégorie des prix les plus abordables. Ces petits sièges gracieux, légers, charmants, souvent à incrustations de nacre, corrigent ce que les grandes pièces pourraient avoir d’un peu lourd. Meubles et sièges s’intègrent harmonieusement dans les décors modernes.