Le temps n’est plus aux grandes lessives de blanc, aux longues séances de repassage et d’empesage éreintantes. Les maîtresses de maison très aidées peuvent encore conserver des coutumes élégantes mais périmées. Elles sont actuellement l’exception.
Il n’y a plus guère que dans les grandes circonstances que l’on voit la table habillée de lin fin ou de damassé blanc : première communion ou mariage. En dehors de ces exceptions, il existe pour la facilité de la vie, une gamme de matières, des plus luxueuses aux plus simples. Elles sont connues, mais ce qui l’est moins, sans doute, est tout le parti que l’on peut en tirer.
Tout le monde, ou presque, l’utilise. Il importe malgré tout de l’inscrire en tête de liste : c’est la nappe plastifiée pour les repas de famille qui se nettoie d’un coup d’éponge et peut même, si elle est soignée, être laissée sur la table d’un repas à l’autre. Elle est de longue durée, mais sa couleur peut s’altérer et s’user aux bords de la table. Lorsqu’elle sera par trop défraîchie, retournez la, souvent l’envers présente un aspect de toile, plus beau que l’endroit. Mais vous pensez qu’elle est plus fragile, il n’en est rien. Si une tache persiste après le passage de l’éponge et du savon, utilisez un peu d’eau de Javel. Votre nappe restera longtemps belle et vous en aurez obtenu le maximum en l’utilisant des deux côtés.
Pour le même usage familial, elle est moins connue, malgré ses qualités pratiques : elle a l’aspect d’un crêpe et se lave comme une nappe de coton, mais elle peut être fortement tordue, et sèche en 3 h, en reprenant sa forme sans repassage. On peut même la déposer sur la table, mouillée, et la laisser sécher sans plus s’en préoccuper. II faut, bien entendu, protéger la table de bois, éventuellement par la nappe de plastique défraîchie. Si l’on répand un liquide sur cette matière, elle se boursoufle, mais reprend sa forme en séchant.
Son éloge n’est plus à faire, mais il arrive que l’on n’en retire pas le maximum de satisfaction, parce qu’on ne le traite pas ainsi qu’il devrait l’être.
Comme sur toutes les matières synthétiques, les taches s’enlèvent facilement. Il arrive même que l’on puisse les ôter sans laver entièrement la nappe, à condition d’user d’un peu de savon blanc, de bien rincer et de sécher la tache en fondant les bords mouillés. Utilisez de préférence un savon en paillettes ou un savon doux, jamais d’eau chaude qui casse les fibres, mais de l’eau tiède. Prenez les mêmes précautions pour le rinçage. Si vous voulez lui
conserver ses avantages, et ne pas avoir à la repasser, ne la tordez pas pour en exprimer l’eau, mais remettez la à sécher dans ses plis.
Dans la variété de textiles existant aujourd’hui, il en est une grande quantité qui sont lavables sans repassage. Tous répondent aux mêmes exigences que le tergal. Au cas où une de ces matières vous paraîtrait, après un lavage, un peu froissée, utilisez un fer modérément chauffé. Veillez à ne jamais y imprimer de faux plis : vous ne pourriez les supprimer par la suite. Ces nappes sont vendues pliées ; conservez leur donc leurs plis d’origine.
Que faire de cette matière ? Une protection pour la table ? Oui, mais elle n’est valable qu’en blanc. Que de nappes ont été tachées par un bulgomme de couleur non fixée, sous un liquide répandu, assurez vous que le ton est stabilisé. L’intérêt du bulgomme réside dans ses dessins imprimés : il en est de fort beaux, notamment en motifs provençaux. Il peut alors servir de nappe et de tapis de table, le repas terminé. Il est malgré tout recommandé de placer un set sous les couverts, surtout sous ceux des enfants. Le bul gomme se lave comme le plastique, mais reste un peu plus fragile. Néanmoins, si une tache persiste, utilisez de l’eau de Javel qui ne peut lui nuire (lorsqu’il est blanc).
Il est actuellement traité pour ne pas devoir être repassé après le lavage, mais exige malgré tout un léger coup de fer. Comme pour la fibre synthétique, évitez de le tordre : tout matériau, naturel ou synthétique, se casse sous les pratiques brutales, de même qu’à la température élevée.
Il est souvent mélangé à une autre fibre et n’exige aucun repassage. Ce qui équivaut à dire qu’il peut s’en passer, mais qu’il vaut mieux, malgré tout, utiliser pour plus de netteté un coup de fer tiède. Toutes les matières, quelles qu’elles soient, sont soumises au même impératif d’un traitement doux.