On peut entrer dans quantité de maisons et y passer sans rien ressentir de particulier : ni ennui, ni bien être. Il en est quelquefois, au contraire, où l’on se dit qu’il doit faire bon y vivre.
Dans le cas précis , il faut analyser ce qui ravit l’oeil, non pas pour en tirer une servile copie, mais pour s’inspirer de la manière dont les éléments ont été groupés, quelquefois à la suite d’une étude serrée, mais d’autres fois aussi par le seul fait d’un hasard heureux. S’inspirer d’un décor entrevu pour composer ou recomposer le sien ne doit pas être un jeu ardu. Il suffit souvent de regarder, d’analyser et de transposer l’image dans son propre logis.
De celui présenté ici, il se dégage un ton confortable et un peu austère, corrigé par la séduction des détails. La disposition des murs larges et rétrécis en alcôve permet toujours des réalisations plus pratiques qu’une pièce rectangulaire ou carrée. Un bar a été aménagé dans la partie rétrécie, mais on aurait aussi bien pu y placer une table et des sièges de salle à manger, ou un autre coin salon. Cet ensemble pourrait servir de base à de nombreux agencements. Il n’a rien de particulier, si ce n’est, à première vue, une atmosphère reposante, et on comprend immédiatement qu’il est une riche source d’idées pour procéder à des variantes sur le même thème.
C’est par eux que commence toujours l’analyse, puisqu’ils sont, en somme, l’écrin des objets grands et petits qui viendront s’y placer dans la suite.
Ce que l’on observe tout d’abord est la dominante verte nuancée d’orange doux. Dans ce cas précis, c’est une partie employée pour prolonger le jardin à l’intérieur, sur lequel les portes fenêtres restent parfois fermées, et être en accord avec les plantes vertes. Telle qu’elle se présente, l’ambiance est fort agréable.
Il faut parler de cette porte qui laisse pénétrer la lumière derrière les rideaux de voile, et des plantes qui contribuent à introduire, elles aussi, le jardin dans la pièce. Les palmiers élancés et les petites espèces, par leur variété, donnent une impression de ce que l’on pourrait appeler « une fantaisie de plein air », de celles qui occupent l’esprit des décorateurs actuels.
Il était normal et rationnel que, communiquant avec le jardin, lorsqu’aux beaux jours les portes restent grandes ouvertes, le sol fût revêtu d’un matériau de couleur chaude et neutre, surtout peu salissant.
Il est bon de rappeler que lorsqu’il s’agit d’une pièce sur jardin, les meubles doivent être choisis peu fragiles. Ils ne sont pas les mêmes que ceux d’un appartement où mènent des escaliers recouverts de moquette ou un ascenseur. Ici, les fauteuils, de ligne confortable, peuvent être de cuir ou de skaï, soit noir, soit d’un ton gold, lequel serait tout aussi harmonieux avec les murs verts, et moins austère. Quant aux gravures fixées aux murs, elles répondent au caractère strict de l’ensemble, que réveillent la lampe à abat jour de porcelaine orange et le bouquet, en apportant l’éclat de leurs couleurs.
Si l’on s’attarde dans l’alcôve, on constate qu’elle est de même caractère strict sinon plus : meuble de bois sombre et hauts tabourets à coussins de cuir ou de skaï. On se dit que cet ensemble pourrait, à la rigueur, être celui d’un pavillon de chasse.
A présent, il faut transposer : dans ce même décor vert et orange, placez en imagination une salle à manger dans la partie rétrécie, et des meubles de salon dans l’espace élargi. Organisez votre living selon ce que vous préférez et aussi ce que vous possédez. Si, crayon en main, vous essayiez de refaire votre propre logis à la manière de celui ci, Comment vous y prendriez vous pour caser vos meubles ? C’est souvent là une gymnastique intellectuelle amusante qui permet de rêver, d’organiser, de rénover. Rien que le choix du papier mural et celui des plantes vertes est déjà un renouvellement considérable qui doit tout transformer.