Si vous avez du temps libre et de la persévérance, renseignez vous sur les lieux et dates des ventes aux enchères c’est l’une des méthodes les plus économiques pour se meubler. Les enchères sont de grandes loteries mais, un jour ou l’autre, vous trouverez l’occasion de vos rêves. Faut il choisir une salle des ventes dans une grande ville ou une petite commune ? Dans une grande ville, la quantité d’objets mis en vente est considérable mais, par expérience, je pense qu’il est plus facile de dénicher des objets de valeur dans les ventes aux enchères de province : cadres dorés à l’eau et repeints, chaises Thonet, vases en pâtes de verre des années trente ou quarante à rajeunir.
L’examen des objets est la phase la plus importante de la vente aux enchères. Les commissaires priseurs s’accordent à penser que la meilleure stratégie pour les amateurs (la plupart d’entre nous) consiste à examiner les objets exposés avant la vente et à faire une offre, sans se rendre à la vente elle même. De cette manière, on peut décider calmement du prix maximum que l’on peut offrir et ne pas se laisser emporter par le feu de l’action durant les enchères. Le catalogue de la vente donne une idée des estimations, généralement établies à la hausse. Alors plus que jamais vous devrez peser le pour et le contre l’article vaut il son prix, vous plaît il, est il à la portée de votre bourse ? Ensuite, vous ferez votre offre. Les premières fois, vous perdrez très certainement car vous n’aurez pas su évaluer l’intérêt des autres acheteurs. Mais vous apprendrez vite et remporterez bientôt la vente.
Si vous en avez le loisir, je vous conseille vivement de vous rendre à des enchères, pas seulement pour acheter mais aussi pour assister à un spectacle dont les acteurs sont aussi bien des professionnels que des particuliers. En outre, un bon commissaire priseur joue le rôle d’animateur : un duel entre deux enchérisseurs est à la fois haletant et instructif. Si vous décidez d’entrer dans la compétition, faites le de manière décisive, en agitant votre catalogue plutôt qu’en levant le doigt ou en hochant de la tête à la manière des professionnels.
Les ventes de province sont souvent très intéressantes mais elles bénéficient d’une telle publicité qu’une foule d’amateurs s’y presse. Si vous patientez jusqu’au bout, quand les pièces les plus importantes ont été vendues aux professionnels, vous trouverez peut être votre bonheur dans les lots restants. Les petites ventes sont généralement les plus fructueuses, notamment celles qui ont lieu chez les héritiers d’un aïeul qui vient de décéder. Le seul problème est de savoir les trouver : il faut écouter les conversations chez les cornrnercants et lire entre les lignes des petites annonces.
En règle générale, si vous cherchez à faire de bonnes affaires, choisissez les articles défectueux (ceux pour lesquels il faudra dépenser temps et argent) : chaises au cannage abîmé, vieux rideaux aux bords usés, tapis troués, meubles repeints. Un professionnel reconnaîtra sans doute leur valeur mais renoncera au maigre bénéfice qu’il pourra escompter après avoir engagé les frais de restauration. Si vous avez le temps, l’énergie et le savoir faire pour entreprendre une telle tâche, le même objet sera pour vous une véritable affaire.