Les galeries d’antiquaires sont relativement récentes ; il s’agit d’immenses espaces qui accueillent une myriade de professionnels. Elles apparaissent dans les grandes villes et leur banlieue, en France connue à l’étranger. Les lots sont achetés pour la plupart par des professionnels, notamment des marchands étrangers qui les revendent à Tokyo, en Amérique du Nord, là où une économie florissante investit dans les objets de valeur.
Ces galeries manquent généralement de chaleur et offrent aux regards des entassements de meubles dont la valeur est dissimulée sous une couche de vernis à l’alcool. Mais, par leur taille même, ces espaces ont tout à offrir, des pilastres en marbre provenant d’une banque aux pupitres d’école, en passant par le mobilier de rotin. La plupart de ces galeries livrent à domicile mais informez vous auparavant sur le coût de ce service.
Les dépôts de matériaux de récupération sont nés des chantiers de démolition que les connaisseurs fouillaient pour recueillir ce qui était destiné à la décharge. Je pense souvent à .cet entrepreneur qui, me voyant examiner un encadrement de cheminée très abîmé, s’est targué d’en avoir brûlé une grande quantité. Je l’imagine calculant la fortune qu’il aurait pu accumuler s’il avait pensé à récupérer tous les matériaux dont il s’est débarrassé. La récupération est désormais un commerce lucratif puisque tout matériau proposé sur un chantier de démolition a son prix, des plaques de propreté en laiton aux chaises d’église. Si vous recherchez des objets originaux et que vous êtes prêts à les adapter à votre intérieur, les dépôts de ferrailleurs sont les endroits où vous devez chiner. Les prix sont souvent excessifs, mais un objet encombrant (j’ai découvert une immense baignoire aux robinets chromés) ou en très mauvais état peut se transformer en bonne affaire. À Londres, un de mes dépôts de prédilection se situe dans une église victorienne remplie de paravents en chêne sculpté, de marbre, de chaires et de bancs, de vitraux, de portes de toutes tailles. On peut simplement y apprendre à regarder, et ne plus passer devant une benne sans vérifier ce qu’elle contient, et ne ressortir après des heures d’exploration qu’avec un carreau de cheminée émaillé pour une future mosaïque murale.