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 Le travail du bois massif : La mouluration, le tournage, la sculpture décorative

Aucun meuble, si humble soit il, ne se présente à nous entièrement dépourvu d’éléments décoratifs. Ce décor fait appel à des procédés et des matériaux extrêmement divers. Les premiers meubles ont pour tout ornement un réseau de fer forgé. Pentures et ferrures aux yeux des menuisiers du Moyen Age ont avant tout un rôle utilitaire. L’effet décoratif a été créé presque involontairement, inconsciemment.

Dès le XIIIe siècle, le meuble est sculpté. Cette sculpture en plein bois sera à toutes les époques le seul ornement des meubles courants .

Le travail du bois massif relève de trois procédés techniques : la mouluration, le tournage, la sculpture décorative.

La mouluration

On appelle moulure toute partie saillante, carrée ou ronde, droite ou courbe, qui sert à l’ornementation d’un meuble. Les moulures servent à souligner la structure générale du meuble. On distingue :

  • Des moulures plates : filet ou listel , bandeau ou plate bande ;
  • Des moulures curvilignes : quart de rond appelé aussi échine ou ove, cavet ou congé, talon, doucine, tore, bec de corbin, scotie ;
  • Des moulures mixtes ou composées formées de plusieurs moulures. Les combinaisons des différentes moulures étant infinies, on obtient un très grand nombre de profils.

Les moulures le plus souvent ne sont pas laissées nues ; elles sont revêtues d’ornements dont les plus courants sont les feuilles de refend , les feuilles d’eau , les raies de cour , les postes, les grecques, les godrons, les piastres , les entrelacs, les rubans , les chapelets de perles, les oves. La mouluration est plus ou moins abondante selon les époques. Elle tient déjà une place importante dans le décor Renaissance, mais jamais son rôle ne sera aussi important que sous Louis XIII : la mouluration ne se contente plus de souligner l’architecture du meuble, elle envahit les panneaux .

Par contre, le meuble Empire est à peu près totalement dépourvu de mouluration. son rôle ne sera aussi important que sous Louis XIII : la mouluration ne se contente plus de souligner l’architecture du meuble, elle envahit les panneaux .

Par contre, le meuble Empire est à peu près totalement dépourvu de mouluration.

Le tournage

C’est une mouluration curviligne exécutée au moyen d’un tour. Ce procédé décoratif a une vogue extraordinaire sous Louis XIII. Toutes les combinaisons auxquelles il peut donner lieu ont été imaginées par les menuisiers d’alors. L’imitation du Louis XIII sous le Second Empire remet en faveur le tournage à la fin du XIXe siècle.

La sculpture

Le panneau du meuble qui doit être décoré par un motif de sculpture est fixé sur l’établi et on dessine sur la surface encore intacte les lignes générales de l’ornement qui devra être dégagé du bloc. L’outillage du sculpteur se compose :

  1. D’outils destinés à trancher (gouge, burin) ;
  2. D’outils destinés à modeler les surfaces concaves ou convexes (rifloirs) ;
  3. De compas (d’épaisseur, de profondeur) destinés à vérifier les dimensions.

Le meuble utilise dans la majorité des cas la sculpture en bas relief. Si le bois est très peu profondément entaillé, la sculpture est en très bas relief ; ou dite alors sculpture méplate .Dans d’autres cas au contraire, la sculpture est faite en haut relief les figures mythologiques, les animaux chimériques qui décorent les montants des meubles sous la Renaissance et l’Empire, font saillie sur l’aplomb général du meuble ; ils font cependant corps avec le montant. Enfin, il arrive que l’art du meuble utilise la sculpture en ronde bosse, c’est à dire en plein relief. Sous l’Empire, les animaux chimériques entièrement détachés du bâti du meuble ou servant de piètement à des tables ou à des guéridons, sont traités en ronde bosse. La sculpture en bas relief obéit à la grammaire ornementale figures allégoriques. Au XVIIe et au XVIIIe siècle, la sculpture disparaît à peu près totalement des panneaux des meubles. Elle se réfugie à la ceinture des tables et dans leur piètement ; elle orne encore les bois des sièges et des lits. Sous Louis XIV, les motifs favoris sont le quadrillé à fleurettes , la feuille d’acanthe et les masques radiés ; sous Louis XV, les motifs rocailles et floraux ; sous Louis XVI et l’Empire, les ornements antiques. Le Second Empire remet en honneur une sculpture décorative exubérante qui surcharge les piètements des tables et des sièges et envahit à nouveau les panneaux des meubles. Jusqu’à la première guerre mondiale, la sculpture jouera un rôle important dans le décor du meuble.