Le métier de doreur est indépendant de celui de fondeur ciseleur. Mais la distinction entre les deux professions n’a pas toujours été observée.
La pièce livrée par le ciseleur au doreur doit être sérieusement nettoyée avant d’être dorée ou patinée. L’or ne peut s’appliquer que sur un métal parfaitement propre. On décape donc la pièce à l’aide d’un bain à base d’acide nitrique ou d’acide azotique et on la frotte vigoureusement avec une brosse spéciale très dure ; on peut ensuite appliquer l’or par plusieurs procédés.
DORURE AU MERCURE : dite or moulu. L’or et le mercure sont mélangés dans les proportions de 1/8 dans un creuset porté au rouge. On plonge l’amalgame dans l’eau pour le solidifier, le laver, lui enlever les excédents de mercure qui ne se sont pas unis à l’or. On étend ensuite l’amalgame le plus également possible au moyen d’une brosse spéciale appelée gratte brosse. On pose la pièce sur une grille à dorer au dessous d’un feu de charbon de bois. Si pendant la chauffe on aperçoit des défauts, on répare en ajoutant de l’amalgame. Au sortir du feu, on plonge la pièce dans l’eau froide ; il se dégage des vapeurs de mercure. Si on veut obtenir de belles dorures, il ne faut pas s’en tenir à une seule application. Après avoir frotté la pièce au mercure et à l’acide azotique, on recommence l’opération trois ou quatre fois jusqu’à ce que l’or atteigne l’épaisseur de l’ongle.
Cette dorure donne de l’or très jaune ; elle a été pratiquée tout au long du XVIIe et du XVIIIe siècle. Mais les vapeurs de mercure étant nocives pour les artisans, elle a été à peu près abandonnée.
DORURE AU MAT. Ce procédé a été inventé à la fin du XVIIIe siècle, sans doute par le ciseleur Gouthière. Tous les bronzes de l’époque Empire ont été dorés de cette manière. On procède tout d’abord comme pour la dorure à l’amalgame de mercure, puis on enduit la pièce d’un mélange de sels (azotate de potasse, sel marin, sulfate double d’alun, potasse) ; on la porte ensuite au feu de charbon de bois. Quand le mélange commence à fondre et à couler, on le replonge rapidement dans l’eau froide. Les sels qui couvrent la pièce se dissolvent aussitôt et la pièce se trouve recouverte d’un bel or mat.
Une variante de la dorure au mat est la dorure au nitrate. Ce procédé a l’avantage d’utiliser moins d’or.
DORURE A LA FEUILLE D’OR. On plonge la pièce dans une solution à base de mercure ; on applique les feuilles d’or, puis on fait chauffer la pièce pour faire adhérer l’or. L’inconvénient de ce procédé est de rendre apparents les raccords entre les différentes feuilles d’or.
DORURE GALVANIQUE. Ce procédé commence à être employé pour les bronzes d’ameublement sous Napoléon III.
Il permet d’obtenir des ors de plusieurs teintes selon la composition des dépôts de métal fixé par l’électrolyse ; par contre, il empâte la ciselure.
DORURE AU VERNIS. En réalité c’est une pâle imitation de la dorure véritable puisque le produit passé au pinceau ne contient pas d’or, il est à base d’alcool et de colorants. Cette dorure très clinquante quand elle vient d’être faite a l’inconvénient de se ternir rapidement.