Les deux coffres à pentures conservés l’un au Musée des Arts décoratifs, l’autre au Musée Carnaval, représentent les ancêtres d’un meuble qui sera d’un usage extrêmement courant pendant plusieurs siècles. Tous deux datent du début du XIIIe siècle. Ils sont d’une facture très semblable. Constitués d’ais de bois très épais (0,06 m), assemblés à tenons et à mortaises, encerclés de pentures à volutes, ils sont puissants et massifs. Les pentures, plus ouvragées que celles de l’armoire d’Obazine, marquent déjà une évolution dans le style décoratif. Elles font songer à celles qui recouvrent maints portails de nos cathédrales, par exemple celles du portail Sainte Anne de Notre Dame de Paris. Les pieds sont formés par le simple prolongement des ais de bois pour isoler le coffre de l’humidité du sol. Ce fait marque déjà un progrès. Le coffre à l’origine n’était qu’un simple parallélépipède rectangle ; l’adjonction de pieds indique un souci de transformer le coffre essentiellement mobile et portatif en un meuble fixe ayant sa place au logis. Les couvercles des deux coffres sont plats. Ils pouvaient donc servir de siège. L’emplacement d’une serrure est encore visible : ils étaient destinés à enfermer des objets précieux.