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 Comment dissimuler des traces de bricolage

Après avoir emménagé, il n’est pas rare de trouver, solidement incrustées, les traces d’un bricolage désinvolte, que ce soit dans des logements modernes ou anciens. Ayant eu la douleur de travailler un temps dans ce domaine, je sais d’expérience quelles monstruosités sont parfois commises par des propriétaires pressés de vendre : carrelage mural de plastique, murs couverts de crépi ou de papier engrain, linoléum en faux parquet collé sur des sols en ciment, sanitaires vert pommier, jaune citron ou rose bonbon. Des cheminées inoffensives sont démontées et colmatées ou, pire, transformées en alcôve de brique (car la plaque de fonte a évidemment disparu) où trône un bouquet de fleurs séchées, ou encore en barbecue surmonté d’une hotte et dallé d’opus incertum. Sans oublier les placards en formica imitation chêne dans les cuisines équipées et ceux en stratifié d’un blanc clinique dans les chambres.

N’est ce pas de Scott Fitzgerald que l’on disait : « Le style donne de l’espoir, le message désespère » ? Ici, c’est le contraire : le style est désespérant, et le message donne de l’espoir. La plupart de ces horreurs ne sont pas irrémédiables si l’on sait s’y prendre. Bien entendu, je présume que vous devez, pour le moment, vous contenter des choses en l’état en attendant l’éclaircie financière. En outre, le crépi et le papier engrain sont un supplice à enlever et, très souvent, ils maintiennent les plâtres. Si vous éliminez ces revêtements, vous aurez très probablement à refaire les plâtres, ce qui est soit coûteux, soit fastidieux, avant même de songer à la couleur de votre peinture. Le mieux est maintenant de passer en revue les problèmes qui peuvent se poser, en ordre d’apparition.

Crépis et papier engrain

Le même traitement de peinture peut être apporté à ces deux types de revêtement. Le crépi est un enduit de plâtre tout prêt dont on couvre les murs pour leur donner une texture, le plus souvent rugueuse. Le papier engrain est un papier très résistant que l’on colle pour couvrir des plâtres en mauvais état, des fissures, etc. Des amis architectes m’ont dit que ces deux matières (mais surtout le crépi) sont utilisées par les entrepreneurs pour leur qualité couvrante : il s’agit bien de cache misère, s’il en est. En fait, le crépi, appliqué en couche fine à la spatule, peut donner une belle texture au plâtre classique. Si votre intérieur présente ce type de revêtement ou du papier engrain, cela ne signifie pas que votre maison est sur le point de s’écrouler. Les constructions bougent toujours et il n’y a pas lieu de s’affoler à la vue de fissures apparaissant dans les coins ou au plafond. En revanche, si les murs extérieurs se lézardent, notamment en diagonale sur un appareillage de brique, on peut s’inquiéter à juste titre.

En ce qui concerne la décoration intérieure, j’ai découvert que le Colour wash est idéal sur le crépi et le papier engrain. Ce badigeon est l’équivalent à l’eau des glacis à l’huile très à la mode dans les aunées quatre vingt, disparaissant petit à petit du marché à cause de leur nocivité. Le Colour wash existe en dix couleurs, du blanc et chamois au bleu, vert et brique assez foncés. Son emploi est facile puisqu’on peut le passer sur les émulsions mates (lessivées au préalable) et l’engrain.

Mettez un peu de couleur (non diluée) sur une éponge et étalez rapidement dans tous les sens sur votre mur granité. En ayant moi même fait l’expérience, on peut transformer ces surfaces avec du Colour wash en moins de temps qu’il n’en faut pour rajeunir des peintures à la lessive Saint Marc. Ce badigeon transparent adoucit la rudesse de ces revêtements et apporte ce qu’il faut de couleur pour créer le cadre adéquat à votre mobilier. Le granité devient alors un atout : l’effet produit est chaleureux et la finition le met en valeur en gommant son aspect inesthétique. Si vous trouvez le Colour wash trop pâle, laissez le durcir 48 heures (il est sec au toucher en quelques minutes, ce qui n’est pas la même chose) puis passez une deuxième couche qui ne diluera pas la première.

En général, un pot de Colourwash suffit pour étendre deux couches dans une pièce de 3 mètres x 4 mètres. Quiconque a peint à l’aquarelle sait qu’un lavis est une couche de couleur transparente et fragile. Si je mentionne ce détail, c’est que certains décorateurs amateurs mécontents viennent protester chez leur détaillant, après avoir utilisé trois pots de Colourwash brique sans avoir couvert les trois quarts de leur pièce. C’est parce qu’ils utilisent ce badigeon comme de la peinture, c’est à dire en couches épaisses étendues à la brosse ou au rouleau, sans tenir compte des conseils d’utilisation. On a souvent tendance à croire que si un peu de quelque chose donne de bons résultats, une grosse quantité fera mieux encore. Faisons de la légèreté notre mot d’ordre. Ce fini fragile est du plus bel effet et peut le rester longtemps dans des conditions normales. Mais si vous choisissez le badigeon pour l’entrée ou la cuisine, il faudra le couvrir d’une fine couche de vernis mat incolore. Diluez le avec un quart de whitespirit et mélangez bien avant de l’utiliser.

Les Colourwash clairs doivent être appliqués de préférence sur une base d’émulsion blanc mat alors que les Colourwash foncés (bleu, vert et brique) gagnent en richesse lorsqu’ils sont appliqués sur une base colorée, par exemple une émulsion mate un ton en dessous du badigeon.

Radiateurs, interrupteurs et prises de courant

Comme tous les photographes d’intérieur le savent, de tels détails peuvent détonner alors que la pièce a été décorée avec soin. La plupart du temps, ces objets sont blancs. Il suffit donc de les peindre en harmonie avec le décor.

La laque glycérophtalique (alkyde) qui protège en général les radiateurs n’est pas de même nature que les émulsions à l’eau dont on couvre de plus en plus souvent les murs. On peut en revanche les teinter au glacis à l’huile d’une couleur assortie à celle des murs. Les peintures à l’huile sont moins sensibles à la chaleur même si elles foncent avec les années. Avant de peindre le radiateur, éteignez le et poncez le, si la peinture paraît grumeleuse, avec du papier abrasif lubrifié à l’eau. Passez une sous couche de peinture à l’huile standard. Celle ci une fois sèche, composez un glacis à l’huile teinté assorti à vos murs. Si vous ne réussissez pas à trouver la nuance idéale, vous pouvez vous adresser à un professionnel qui pourra la créer si vous lui fournissez un échantillon. Mais, en expérimentant avec des couleurs à l’huile pour artistes ou avec des colorants universels, vous pourrez obtenir vous même une teinte approchante. Il n’est pas nécessaire que les deux nuances soient identiques ; le résultat sera toujours moins agressif que le blanc. Si la couleur de vos murs est unie, passez le glacis régulièrement sur les radiateurs, mais si les murs présentent un effet de matière obtenu à l’éponge, au chiffon ou au badigeon par exemple, essayez de le reproduire.

Les interrupteurs et les prises de courant peuvent être traités de la même manière. Utilisez le même glacis assorti aux murs pour les premiers et une couleur assortie aux plinthes pour les secondes. Les interrupteurs étant souvent manipulés, il est préférable de les couvrir de vernis mat pour pouvoir les nettoyer sans que la peinture déteigne.