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 Les différents types de meubles de Louis XIII

Nos sources d’information, selon qu’il s’agisse du mobilier de la classe moyenne ou du mobilier des grands seigneurs, sont différentes.

Un versificateur, Gilles Corrozet, avait été notre guide pour la période précédente. Cette fois, c’est à un graveur, Abraham Bosse, que nous demanderons de nous renseigner sur le mobilier de ses contemporains. A. Bosse ne connaît cependant que les intérieurs de la haute bourgeoisie, mais l’examen minutieux de ses gravures nous amènera à des conclusions que la seule étude des pièces conservées dans les musées n’aurait pu nous suggérer.

Ainsi nous ne trouverons jamais dans les estampes d’A. Bosse, de fauteuil à haut dossier. Nous pouvons donc penser que le fauteuil à haut dossier est encore à cette époque un siège d’apparat comme l’était la « chaire » des époques précédentes. La bourgeoisie se contentait de fauteuil à dossier bas ; les armoires d’après A. Bosse semblent avoir été des meubles courants. Pourtant dans les inventaires, elles sont peu fréquentes et dans les musées, ce sont des pièces exceptionnelles ; les sièges en bois tourné, qui semblent si caractéristiques de l’époque Louis XIII, étaient peut être moins fréquents qu’on ne serait tenté de le supposer. Car dans les estampes d’A. Bosse, les sièges sont le plus souvent en bois découpés, grossièrement assemblés, revêtus entièrement, y compris le pied, d’étoffes clouées. Ils étaient ainsi facilement transportables, dans les déplacements encore fréquents ; mais étoffe et carcasse ont évidemment disparu. Le tournage était donc, semble t il, réservé à des meubles assez luxueux.

Il faudrait se garder de tirer de ces observations des conclusions trop absolues. D’une part, il est bien certain qu’A. Bosse a limité ses observations à une catégorie assez réduite d’intérieurs, d’autre part que les collections publiques ou privées conservent en général plus de meubles luxueux et rares que de meubles usuels. La confrontation entre ces deux sources de renseignements permet cependant une mise au point utile.

Quant au fastueux et richissime mobilier des gens de cour il est scrupuleusement et complaisamment décrit dans de célèbres inventaires (Mazarin, 1653 ; Anne d’Autriche, 1666, etc.). Ce sont nos sources les plus sûres sur la composition des intérieurs si peu français de la noblesse.