Accueil du site / Les différents types de meubles de Louis XIV

 Les différents types de meubles de Louis XIV

Les grands meubles (armoires, consoles, bureaux)

Le mot armoire au XVIIe siècle, évoque tout d’abord les magnifiques armoires recouvertes de marqueterie de cuivre et d’écaille, fabriquées par Boulle et dont les musées s’enorgueillissent.

Il existait cependant aussi des armoires plus modestes, en bois massif, à deux battants dont les portes étaient ornées de larges panneaux aux formes les plus diverses. Ces armoires sont très rares ; elles ne faisaient pas partie du mobilier noble à l’époque, et leur place n’était ni dans la chambre ni dans la galerie, mais dans la garde robe. Elles ont peu intéressé les contemporains et leurs dimensions les ont éloignées de nos appartements modernes.

La commode est une des créations les plus intéressantes de l’époque. Jusque là, le linge était rangé dans des coffres. Au XVIe siècle, les cabinets avaient révélé la commodité des tiroirs. Dans un coffre à dessus fixe, sur élevé sur quatre pieds, on eut l’idée de pratiquer des grands tiroirs. Il se pourrait que Boulle soit l’inventeur de ce meuble. En tout cas, le meuble existait déjà vers 1694 bien que le terme n’apparaisse pour la première fois qu’en 1708. Les commodes de Boulle présentent deux tiroirs allongés, qui donnent au meuble l’aspect d’un sarcophage antique, d’où le nom de commode en tombeau.

Très vite ce premier modèle évolua et à la fin du siècle, le type est fixe les pieds sont courts, des montants robustes encastrent un bâti largement ventru dans lequel prennent place de deux à quatre tiroirs. Les mains, les entrées de serrures, les chutes, les chaussons sont en bronze doré et contribuent à la décoration du meuble.

Les deux types de bureau continuent d’exister concurremment. Le bureau d’apparat de l’époque Louis XIV est le bureau plat, dans la ceinture duquel sont pratiqués trois tiroirs, celui du milieu étant légèrement en retrait sur la façade. Boulle en fixa le type, et si au XVIIe siècle les bureaux sont rarement revêtus de cuivre et d’écaille, du moins la forme se perpétue.

Mais il existe aussi des bureaux à l’allure sévère et massive qui comportent une série de tiroirs de chaque côté de la personne qui écrit et un seul tiroir médian, en retrait par rapport à l’aplomb général de la façade. Les séries de tiroirs reposent chacune sur quatre pieds en balustre ou en console, en général entretoisés. Boulle s’est aussi essayé à ce genre de bureau.

Dans les intérieurs plus modestes, les bureaux plats étaient remplacés par de simples tables de petite dimension , reposant sur quatre pieds cambrés. La tablette était entourée comme dans les bureaux plats d’une bordure de cuivre en forme de quart de rond, et la ceinture parée de marqueterie. Un gradin destiné à classer les papiers pouvait être ajouté à ces meubles légers.