Accueil du site /

 Les différents types de meubles de la régence

Aucune époque n’a créé avec autant d’allégresse des formes toujours nouvelles. Le goût du public pour les nouveautés, le désir de bien être ont été un puissant stimulant. La forme de chaque meuble a été minutieusement étudiée pour éviter tout effort inutile à son possesseur. Cette variété, cette adaptation du meuble à son emploi sont la cause réelle du succès du meuble Louis XV pendant deux siècles.

Notons que si les meubles sont extrêmement variés, ils sont encore peu nombreux dans chaque intérieur. Un mobilier de salon sous Louis XV se compose tout au plus d’une dizaine de pièces.

Les sièges

Ils se répartissent en deux grandes catégories : sièges à la reine flatterie à l’égard de Marie Leczinska dont le dossier est de plan droit, et sièges en cabriolet, c’est à dire dont, le dossier est arrondi.

Le fauteuil Louis XV le plus courant a un dossier, en cabriolet ou à la reine, beaucoup moins élevé que le fauteuil Louis XIV ou Régence ; la hauteur du dossier ne dépasse pas la hauteur des épaules d’une personne assise. Le siège, lui aussi, est moins élevé au dessus du sol que le siège des époques précédentes. Les pieds sont cambrés, l’entretoise disparaît définitivement. Confortable et maniable, le fauteuil Louis XV est le parfait auxiliaire de la vie mondaine de l’époque . La chaise subit les mêmes transformations.

A côté du fauteuil banal naissent de très nombreux sièges spéciaux sur la terminologie desquels il faut être très prudent. Les antiquaires ont rendu familières des appellations qui ne remontent pas au delà de la fin du XIXe siècle et sur lesquelles il est difficile de revenir.

La bergère est un fauteuil qui possède un coussin mobile et dont les accotoirs sont toujours garnis. Le dossier est plus renversé que dans le simple fauteuil.

La marquise, peut être serait il plus exact de dire un tête à tête, est une bergère plus large qui peut permettre à deux personnes de s’asseoir côte à côte.

Le fauteuil en confessionnal, on dit aussi bergère à oreilles, existait déjà à l’époque précédente. Il a un dossier assez élevé pour qu’on puisse y appuyer sa tête. Les accotoirs pleins remontent de chaque côté de façon à former des petits panneaux appelés joues ; un creux très accusé est réservé à la hauteur des coudes.

Le fauteuil de cabinet, nous dirions aujourd’hui fauteuil de bureau, est d’une forme tout à fait particulière en demi cercle à l’arrière, le siège présente un angle arrondi proéminent à l’avant ; le dossier suit très exactement la forme du siège ; les pieds sont curieusement disposés : un pied à l’avant soutient l’angle en saillie, un autre pied est situé au milieu du demi cercle arrière ; les deux autres pieds sur les côtés soutiennent les consoles d’accotoirs. Il existe des fauteuils de cabinet à cinq pieds dans ce cas, le fauteuil est soutenu par deux pieds à l’arrière. Ces sortes de sièges sont fréquemment cannés ou recouverts de cuir.

Le fauteuil à coiffer est, lui aussi, fréquemment canné ; le dossier porte une échancrure en son milieu.

La voyeuse ou voyelle se présente sous l’aspect d’une chaise ou d’un fauteuil ; dans les deux cas, le dossier supporte une tablette rembourrée sur laquelle on s’accoude pour regarder les joueurs. Le siège peut être normal ; mais il existe aussi des voyeuses d’hommes où le siège est plus étroit du côté du dossier de manière à ce qu’on puisse s’asseoir à califourchon.

Le canapé existait déjà sous Louis XIV. Sous Louis XV, il est de dimension plus restreinte (1,60 m environ) ; il a le plus souvent quatre pieds à l’arrière. C’est en somme un fauteuil élargi où plusieurs personnes peuvent s’asseoir ensemble. Il existe autant de variétés de canapés que de fauteuils. A l’époque qui nous intéresse, il fait normalement partie d’un mobilier de salon.

Une variété de canapé est le sofa ; le mot a été mis à la mode par l’engouement à la fin du XVIIe siècle pour tout ce qui était turc. C’est un canapé entièrement recouvert d’étoffe et dont le siège est un peu plus bas que dans le canapé courant.

L’époque Louis XV multiplie les sièges où l’on peut s’allonger.

La duchesse est une bergère dont le siège est assez profond pour que les jambes d’une personne assise puisse y reposer entièrement (1,15 m à 1,60 m). L’extrémité du siège peut être pourvue d’un dossier généralement peu élevé. La duchesse est dite brisée quand le pied est formé par un ou deux tabourets indépendants.

La veilleuse est une sorte de lit de repos où l’on peut se coucher à demi comme sur la duchesse ; elle ne diffère de cette dernière que par un troisième dossier qui relie le dossier le plus élevé au dossier le plus petit. Il semble que la coutume était de posséder deux veilleuses pour se faire vis à vis, le dossier le plus élevé étant placé pour l’une à gauche, pour l’autre à droite.

Le lit de repos était déjà utilisé au XVIIe siècle. On disait aussi lit du jour ; c’est un véritable lit à une place qui permet à une personne de s’étendre complètement. Il possède un ou deux dossiers.

Enfin à cette liste déjà longue, on doit ajouter trois sortes de divans qui ont emprunté leurs noms à l’Orient, et qui présentent entre eux de subtiles différences.

L’ottomane est un petit canapé dont le siège est ovale ; le dossier suit très exactement les contours du siège et s’abaisse à l’avant pour se réunir aux accotoirs. Le dossier et les accotoirs donnent l’impression d’être d’une seule pièce. La turquoise est une variété d’ottomane où le dossier accuse plus nettement la division en trois parties.

La Paphose est, elle aussi, une variété d’ottomane ; le plan du siège est en forme de haricot et les accotoirs sont presque inexistants.