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 D’autres meubles de la régence

Les lits

On distingue deux catégories de lits : le lit à la française et le lit à la polonaise. Le lit à la française possède un seul chevet ; au XVIIIe siècle, le lit à la française traditionnel à quatre colonnes tend à disparaître et à être remplacé par le lit à la duchesse ; le ciel de lit n’est plus maintenu par les quatre colonnes, mais le dais qui en tient lieu est soit suspendu au plafond, soit fixé au mur ; le pied du lit se trouve ainsi complètement dégagé. Cette sorte de lit existait déjà mais d’une manière exceptionnelle au XVIIe siècle et se nommait alors lit à l’ange.

Le lit à la polonaise possède deux et quelquefois trois dossiers. Les colonnes qui portent le baldaquin sont prolongées par des pièces de fer qui soutiennent les rideaux : Selon la manière dont les rideaux sont drapés, on dit lit à la turque, lit à la chinoise.

Les meubles

Les meubles deviennent de plus en plus le domaine de l’ébénisterie. Rares sont les meubles Louis XV taillés en plein bois. Il faut cependant noter quelques très belles armoires généralement en chêne et des buffets à deux corps ouvrant à quatre vantaux. Certaines tables consoles en bois doré sont aussi fabriquées par les menuisiers ; tous les autres meubles relèvent désormais du travail de l’ébéniste.

Les tables

Il n’existe pas encore de tables pour les repas. Par contre, une très grande variété de petites tables, adaptées aux usages les plus divers commencent à envahir les salons et les chambres. Elles sont presque toutes plaquées ou marquetées. Il y a d’abord un certain nombre de petites tables d’un usage indéterminé. Elles servent à poser des livres, des objets. Elles offrent à différents niveaux du piètement des tablettes d’entrejambe on peut les agrandir à volonté par une tablette de face ou des tablettes latérales logées sous le plateau. Elles possèdent quelquefois aussi un ou plusieurs tiroirs placés sous le plateau supérieur ou même un guichet fermé par un vantail. Leur forme si multiple défie toute description précise.

Par contre, un certain nombre de tables ont un usage bien déterminé. C’est le cas des tables à jeux ; leur forme varie selon les jeux pour lesquelles elles ont été fabriquées. Il y a la table carrée pour le quadrille, la table ronde pour le brelan, la table triangulaire pour le tri. Certaines tables à jeux possèdent même un plateau avec un damier marqueté. La chiffonnière est une des plus charmantes créations du XVIIIe siècle. Elle possède un caisson monté sur quatre pieds élevés. Le caisson peut contenir deux tiroirs ouvrant de face, ou un tiroir latéral. Il peut aussi être simplement fermé par un vantail. Ce petit meuble d’une facture élégante et soignée sert aux dames pour ranger leur travail de broderie ou de couture.

La table à écrire existait déjà au début du siècle. C’est la réduction du bureau plat. Le dessus est soit en cuir, soit en marqueterie ; elle possède souvent des tirettes de chaque côté.

La coiffeuse ou mieux la toilette est une table à dessus brisé dont les trois volets se soulèvent et découvrent des cases.

Les bureaux

Le bureau plat ne s’est pas sensiblement modifié depuis l’époque précédente. Il possède trois tiroirs, celui du milieu étant en retrait sur l’aplomb général du meuble pour permettre de s’asseoir plus commodément. Il est souvent pourvu d’un cassetin pour ranger les papiers, qu’on place à volonté de face ou sur un côté.

Le secrétaire à dos d’âne on dit aussi secrétaire en pente est un meuble de petite dimension, qui offre une fois ouvert une tablette pour écrire et des casiers pour enfermer des papiers. L’abattant fermé forme un angle de 450 avec le plateau. C’est un meuble de milieu dont le revers porte un panneau de laque ou de marqueterie selon les cas. Il existe des secrétaires à double pente où deux personnes peuvent s’installer vis à vis.

Le secrétaire à abattant ou secrétaire en armoire est généralement de plus grande dimension que le secrétaire en dos d’âne. La différence essentielle est que l’abattant se relève verticalement. La face postérieure est destinée à être appuyée au mur et le bâti en est apparent. La partie inférieure comporte des tiroirs souvent dissimulés par des vantaux.

Les commodes

Ventrues et massives à l’époque Régence, elles s’allègent. Le plus souvent la commode Louis XV, ne comporte que deux tiroirs séparés jusque vers 1740 par une traverse apparente. Elle repose sur des pieds élevés et cambrés. La façade et les côtés sont galbés et toujours ornés de marqueterie ou de laque. Trop souvent, un réseau de bronze rocaille fait disparaître la beauté du décor.

Une variété de la commode est l’encoignure. C’est en somme une petite commode destinée à être placée dans l’angle d’une pièce. Elle est donc de plan triangulaire et close par un vantail cintré. Les encoignures se fabriquaient par deux. Tous les meubles Louis XV peuvent se ramener aux types que nous venons de décrire, mais les variantes de ces différents types sont à peu près infinies car chaque ébéniste, chaque marchand de meubles essayait d’attirer la clientèle par des meubles aux formes singulières et inédites. C’est ainsi qu’on rencontre des poudreuses en forme de cour, des tables de chevet, des tables d’en cas, des tables itinérantes, des tables à café..., etc.

La grâce et la gaieté sont les caractéristiques du mobilier Louis XV. Les artistes français ont su éviter l’incohérence tourmentée que l’application stricte du formulaire rocaille a donnée aux meubles d’outre Rhin. Une ligne sinueuse, pleine de grâce et de souplesse dissimule les assemblages et confère aux meubles une sorte de vie. Le meuble a son esthétique propre, il s’affranchit de toutes les règles, il s’évade de toutes les formules, il se libère de toutes les imitations, pour n’obéir qu’aux inspirations d’une libre fantaisie. C’est en somme la seule période où le meuble français fasse preuve d’indépendance et d’originalité.