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 Les différents types de meubles de Louis XVI

Les sièges

La variété des sièges est aussi grande qu’à l’époque précédente et leur forme encore plus diverse. Dans l’ensemble, la ligne droite triomphe et les différentes parties du siège sont à la fois séparées et unies par des assemblages à angles droits, bien marqués.

Le dossier du fauteuil est encore souvent en cabriolet mais le dossier de plan droit devient de plus en plus fréquent. Certains dossiers sont simplement carrés ou rectangulaires ; on modifie cependant la sévérité de cette structure en échancrant la partie supérieure du carré ou du rectangle. D’autres dossiers sont en chapeau, ou encore en médaillon ; ce dernier modèle est typiquement Louis XVI. Les sièges sont carrés, circulaires, trapézoïdaux, ou bien encore droits par derrière et sur les côtés, et à peine cintrés par devant. La ceinture est ornée de piastres, raies de cour, rang de perles..., ou moulurée et décorée en son milieu d’un simple noeud de ruban. Les accotoirs sont toujours garnis de manchettes, ils se raccordent au dossier avec une courbe plus ou moins accentuée. Les consoles qui soutiennent les accotoirs sont rarement reculées ; elles prolongent les pieds mais s’évasent pour permettre aux femmes, dont les robes à paniers sont toujours à la mode, de s’asseoir commodément. Les pieds sont droits « à l’antique ». La forme la plus courante est celle dite « en carquois », c’est à dire en forme de colonne diminuée, cannelée verticalement ou en spirale. Les empennages des flèches qui justifieraient cette dénomination ne sont pas toujours représentés. Les cannelures peuvent être rudentées, c’est à dire remplies chacune sur une certaine longueur, d’une baguette. Certains pieds d’une complication plus grande, imitent un faisceau de flèches ou de piques liées par des rubans entrecroisés ; les empennages des flèches ou les fers des piques décorent les extrémités. Le pied est raccordé à la ceinture du siège à angle droit ; le haut du pied de forme cubique, dit « dé de raccordement », est orné sur deux de ses faces d’une rosace, d’une marguerite, ou d’un motif de mouluration circulaire. Les mêmes caractères se retrouvent dans les fauteuils de bureau, les fauteuils en confessionnal, les bergères, les marquises, les duchesses, les canapés..., etc.

La chaise Louis XVI mérite une attention particulière. Si les pieds et les sièges sont en tout point semblables à ceux des fauteuils, les dossiers sont l’objet de recherches élégantes et variées. Il existe évidemment des chaises à dossier plein carré, rectangulaire ou en médaillon qui ne diffèrent pas sensiblement des fauteuils ; mais il existe aussi des chaises d’une grande légèreté, à dossier ajouré. Le motif le plus en vogue est la lyre ; on trouve aussi des dossiers représentant une gerbe, une corbeille de vannerie ou simulant une arcature par une série de colonnettes fuselées ou cannelées. La fantaisie des menuisiers s’est donnée libre cours et par exemple des montgolfières, très à la mode dans tout l’art décoratif aux environs de 1785, a fourni le décor de certains dossiers. La plupart des sièges sont peints ou dorés. Il a toujours existé des sièges où le bois reste au naturel, mais la peinture polychrome des sièges est à la mode depuis le début du siècle. Nous sommes incapables de porter un jugement d’ensemble sur ce point car la grande majorité des sièges qui nous sont parvenus, ont été décapés, redorés, repeints... ; vers la fin du siècle, il semble cependant qu’on ait tendance à abandonner la forte polychromie pour se limiter à des teintes claires : blanc, lilas...

Les lits sont toujours soit à la française, soit à la polonaise.