L’armoire en bois massif est rarement de style Louis XVI ; le plus souvent sortie d’ateliers provinciaux, elle conserve les formes chantournées du style Louis XV et quelques ornements cannelures, rangs de perles..., etc. trahissent une fabrication postérieure.
Une intéressante création de l’époque Louis XVI est la vitrine. C’est une petite armoire ou un bas d’armoire, d’ornementation généralement très sobre et où les vantaux pleins ont été remplacés par des vitres.
La bibliothèque dérive, elle aussi, de l’armoire et sa facture est très voisine de la vitrine. Jusque vers 1770, en fait d’armoire à livres on utilisait de simples placards pratiqués dans la boiserie. Les bibliothèques les plus courantes sont constituées par deux corps : la partie inférieure s’ouvre à deux vantaux en bois plein ; la partie supérieure est soit vitrée, soit grillagée de fil de laiton.
On continue à fabriquer toutes les innombrables petites tables mises à la mode sous Louis XV. Elles adoptent simplement la ligne droite et le décor antique.
Nous devons cependant mentionner tout spécialement l’apparition de la table à manger. Imitée des meubles anglais, elle est le plus souvent extensible. II y a des tables rondes ou ovales ; elles sont l’oeuvre de l’ébéniste et non du menuisier.
La table bouillotte est aussi une création Louis XVI. Fabriquée tout exprès pour le jeu de « bouillotte », elle a une forme bien déterminée. Elle est ronde, possède un dessus en marbre entouré d’une galerie en cuivre ; ses quatre pieds sont en carquois, sa ceinture contient deux petits tiroirs et deux tablettes tirants.
La jardinière, ou plus exactement la table à fleurs, est née du culte de la nature sauvage, inspiré par les philosophes tels que Rousseau. Elle est formée d’un caisson rectangulaire, soutenu par quatre pieds. Elle est souvent ornée de tôle peinte ou de plaques de Sèvres.
La chiffonnière change sensiblement de forme ; elle devient soit rectangulaire, soit ronde.
La « tricoteuse » est une chiffonnière dont le dessus est entouré d’une haute paroi pour contenir les pelotes de laine. Les parois sont soit en bois plein, soit en treillis de laiton doré.
L’ « athénienne » est un ingénieux petit meuble en forme de trépied, composé par trois consoles en bois sculpté et doré, soutenant une cassolette de cuivre imitant par sa couleur le bronze antique. Ce piètement en bois est très fréquemment remplacé par un piètement en métal (bronze vert, tôle, fer, acier), pour imiter plus fidèlement le mobilier d’Herculanum et Pompéi. Les emplois de l’athénienne sont extrêmement variés ; une annonce d’un journal de l’époque n’en relève pas moins de huit parmi lesquels nous notons celui de console, jardinière, support pour réchaud, table à ouvrage, vide poche et... aquarium pour poissons rouges.
La vogue des meubles mécaniques a fait naître la table « à la Tronchin » ; en réalité cette sorte de table d’accouchée a été réalisée pour la première fois en 1777 par l’ébéniste Louis Dufour. Elle ne fut appelée que quelques années plus tard table « à la Tronchin » du nom d’un médecin quelque peu charlatan. Elle comporte deux plateaux reposant sur quatre pieds droits. Des crémaillères logées dans les pieds, sont commandées par une manivelle et permettent de régler à volonté la hauteur du plateau supérieur.
Comme sous Louis XV, les ébénistes ont multiplié à plaisir les formes et, outre les types de tables décrits ci dessus, il existe des tables itinérantes, des tables à thé avec dessus en marbre, des guéridons dits « serviteurs fidèles », comportant trois plateaux circulaires de dimension décroissante, enfilés sur une tige..., etc.