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 Effets spéciaux à la peinture, le pochoir

Bien que les effets de matière soient désormais associés à l’architecture intérieure, je m’y suis intéressée car c’est la façon la moins onéreuse d’apporter une touche de couleur à son décor et de le personnaliser.

Les frises exécutées au pochoir, bien proportionnées à la pièce qu’elles ornent, animent et dessinent l’espace. Mais, à mon avis, les décors au pochoir les plus réussis sont ceux que l’on applique sur toute la surface d’un mur. Tu va sans dire qu’une telle décoration demande du temps. Néanmoins, vous n’êtes pas obligé d’orner tous les murs en une seule fois, même s’il est tentant de ne s’arrêter qu’une fois la pièce terminée, pour jouir du résultat.

Un décor au pochoir polychrome occupant tous les murs d’une pièce peut être spectaculaire, comme ces motifs de brocarts ou de broderie, et cette riche ornementation caractéristique des styles néo gothique et victorien. Le pochoir peut également être monochrome et régulier, comme les papiers peints du début du XIXe siècle. Dans le premier cas, la mise en œuvre demande beaucoup de temps et un goût très sûr, mais le résultat peut être somptueux. Dans le second cas, il suffit de s’armer de patience et, si on le désire, de peindre les motifs à l’éponge pour obtenir plus rapidement un effet de texture. Le simple motif de fleur de lys aura un air de papier peint d’autant plus luxueux s’il est réalisé à la peinture métallique. Vous pouvez aussi alterner les motifs, en utilisant deux pochoirs, pour un décor spectaculaire ou discret.

À l’occasion d’une foire d’antiquaires, nous avons décoré un stand de ramages à petites et à grandes feuilles, de couleur bronze sur un fond chamois peint au Colourwash (afin que le cadre ne jure pas avec les objets exposés). Ce décor mettait en valeur des pièces prestigieuses. En Suède, j’ai découvert une vaste gamme de pochoirs imitant le papier peint. Dans ce pays, l’engouement pour le papier peint remonte à l’époque où le papier imprimé n’existait pas encore. C’est ainsi que des peintres décorateurs et des amateurs ont recréé au pochoir les motifs de papiers peints importés de Suisse ou de France. Aujourd’hui, alors qu’on trouve partout du papier peint économique, ces copies prennent une valeur singulière. Un de mes motifs préférés, découvert dans un petit musée suédois, est une branche de corail répétée à intervalles assez espacés (à au moins 30 centimètres les unes des autres) sur un fond de détrempe. Je pense que ce motif date des années 1830, précédant de peu la découverte des colorants à l’aniline, qui a provoqué tine explosion de couleurs.

Les décors au pochoir doivent à mon avis, être réservés à un certain type de pièce. Il peut s’agir de la cuisine, du salon, d’un petit bureau ou encore d’une entrée minuscule où les portes sont nombreuses. Je connais une décoratrice qui a transformé l’entrée exiguë de son appartement en une véritable antichambre : elle a tout d’abord peint les murs et les portes d’un jaune crémeux puis a semé ce fond de fleurs de lys. Cette entrée, lieu de passage sans âme, est devenue une sorte de carton à chapeau charmant.

Un décor aussi exceptionnel doit être protégé contre l’usure. Dans une petite pièce, je passerais une couche de vernis alkyde mat et incolore ; dans un plus grand espace, je vernirais seulement les parties les plus exposées, comme les portes. Si la pièce est lambrissée à hauteur d’appui, peignez cette boiserie d’une couleur unie, vernissez la et réservez le pochoir pour la partie du mur qui la surmonte.