Accueil du site / Les commodes, l'encoignure, les consoles de Louis XVI

 Les commodes, l’encoignure, les consoles de Louis XVI

Les nombreuses commodes fabriquées sous Louis XVI peuvent se ramener à deux types principaux la commode à trois tiroirs reposant sur des pieds courts en griffe de lion, en toupie, en gaine... Les trois tiroirs sont quelquefois surmontés d’un tiroir plus mince ou de trois tiroirs côte à côte. L’autre type de commode ne comporte que deux tiroirs. Les commodes à pieds élevés, beaucoup plus légères et sveltes, conservent pendant longtemps un piètement de style Louis XV : pied de biche plus ou moins galbé. Elles comportent aussi fréquemment un ressaut central qui tend à diviser le meuble en trois parties, dans le sens vertical. Comme pour les tables, les ébénistes du temps de Louis XVI ont cherché à renouveler les types traditionnels ils ont créé une série de meubles dérivant tous de la commode et destinés à des usages variés.

La commode à vantaux imite sans doute l’encoignure et comporte deux ou trois vantaux qui dissimulent soit des tablettes, soit des tiroirs. La commode semi circulaire on dit aujourd’hui demi lune possède en général deux tiroirs sur la façade et deux vantaux cintrés sur les côtés. Dans la commode à coins arrondis, la partie médiane est rectiligne et fermée à vantaux tandis que les côtés sont constitués par une étagère ouverte. Les tablettes de l’étagère sont souvent recouvertes de marbres et entourées d’une galerie de cuivre. Les panneaux des côtés, à l’intérieur de l’étagère, comportent quelquefois des glaces. C’est à tort qu’on désigne ce meuble sous le nom de « desserte ». Il semble, en effet, que les glaces étaient destinées i mettre en valeur de menus bibelots. Il existe au Louvre, au chiffre de Marie Antoinette, deux magnifiques commodes de ce type, fabriquées par Benemann et ornées de bronzes ciselés par Gouthière.

L’encoignure accompagne et complète la commode ; elle comporte les mêmes variantes ; elle est fermée d’un vantail ou bien elle reste ouverte et possède un mince tiroir logé sous le plateau. Les tablettes peuvent être recouvertes de marbre et entourées d’une galerie de cuivre ajourée.

La console à pied de biche disparaît à peu près totalement. De curieuses survivances existent cependant, telle cette console du menuisier Chollot, d’un type très composite, où se trouvent mélangés des éléments de style Louis XV et Louis XVI. La console typiquement Louis XVI est à pied droit ; elle est rectangulaire, trapézoïdale, semi circulaire. Elle peut comporter logés dans la ceinture, un ou deux tiroirs assez minces ; elle peut aussi, mais assez exceptionnellement, posséder un panneau de fond.

Les ébénistes du temps de Louis XVI ne se sont donc pas montrés inférieurs à leurs devanciers. Les créations de meubles nouveaux sont aussi nombreuses et aussi originales à la fin du siècle que sous Louis XV. Une élégance et une harmonie bien françaises sont encore les qualités dominantes du meuble, car l’imitation de l’art antique n’a rien de littéral et les artisans s’efforcent, avant tout, de créer des meubles parfaitement adaptés aux besoins d’une société raffinée et éprise de bien être.