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 Psychés, consoles

La psyché est une des créations les plus heureuses de l’époque impériale. La manufacture royale de glaces de Saint Gobain avait dès le début du XVIIIe siècle réussi à fabriquer des glaces d’assez grande dimension, mais ce n’est qu’après 1768 que, grâce à des procédés mécaniques, la production de grandes glaces devint courante. L’art du meuble bénéficiera réellement de cette innovation, seulement sous l’Empire. La coiffeuse Louis XVI possédait quelquefois un miroir fixé à l’intérieur d’un des abattants. La table à coiffer Empire se réduit à une simple table rectangulaire à piètement en X ou en lyre. Le miroir est désormais indépendant. Ce nouveau meuble est composé d’une lourde base et de deux montants entre lesquels est fixé un miroir de grande dimension ; en principe, pour justifier son appellation, le miroir doit être assez grand pour que l’image entière d’une personne debout puisse s’y réfléchir. Le socle nécessairement très pesant est composé par un piètement utilisant les animaux chimériques ou de simples pieds en sabre groupés par quatre ou par huit ; ou bien encore, le socle est plein et comporte un long tiroir. Le miroir, rond, rectangulaire et plus souvent ovale est monté sur pivot ; il est donc mobile entre les deux colonnettes ou pilastres formant les montants. Les montants sont surmontés d’ornements en bronze : vase, urne, tête antique, pomme de pin ; ils portent à mi hauteur des bras de lumière. La partie laissée vide entre le socle et l’arrondi du miroir est remplie par un panneau triangulaire orné de bronze.

Il existe des miroirs de même facture mais beaucoup plus petits, destinés à être posés sur une table ; on les appelle improprement psychés.

Les consoles d’appliques sont elles aussi très typiques de l’époque impériale ; elles sont de structure monumentale et sommaire. Elles répondent aisément aux exigences de la symétrie, car il n’est pas rare que deux consoles identiques se fassent pendant. Un plateau rectangulaire est soutenu par quatre caryatides ou par deux montants ornés de bronze d’applique. Beaucoup de consoles possèdent un panneau de fond, recouvert quelquefois d’une glace.

Commodes, bureaux, secrétaires

Parmi les multiples commodes imaginées à l’époque Louis XVI, deux modèles seulement sont retenus à l’époque Empire : la commode sur pieds bas à trois tiroirs et la commode à deux vantaux dissimulant des tiroirs ou des étagères. Dans ce dernier cas, on l’appelle plus volontiers bas d’armoire ou commode à l’anglaise.

Les créations de l’Empire en ce qui concerne les bureaux sont bien modestes. Il existe comme aux époques précédentes des bureaux plats et des bureaux ministres. Seuls les très vastes proportions, l’utilisation de l’acajou, les bronzes d’applique, les piètements compliqués d’animaux composites en font des bureaux Empire. Quelques pièces exceptionnelles empruntent leur base aux arcs de triomphe romains trois arches somptueusement décorées supportent alors le très vaste et très épais plateau.

Bureaux à cylindre et bureaux à abattant sont aussi d’un usage courant. C’est seulement par leur décor qu’ils se différencient de ceux de l’époque Louis XVI. Les bonheurs du jour qui servaient de bureaux de dame à l’époque précédente deviennent monumentaux et solennels et perdent ainsi une grande partie de leur charme.

L’imitation trop stricte de l’art antique a desséché la sensibilité des créateurs et le meuble atteint parfois à la perfection, mais il n’a jamais cette gracieuse spontanéité qui a fait le charme du mobilier du XVIIIe siècle ; il est le reflet très exact des préoccupations de la génération de guerriers pour laquelle il a été créé : il est sévère et solennel.