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 La restauration : Décor

Le décor froid et symbolique de l’Empire subit rapidement des transformations. Tout autant qu’aux structures et aux vives colorations, c’est au décor que la Restauration demande d’apporter une note de gaieté et de familiarité. Les animaux fabuleux et fantastiques que l’Empire affectionnait battent rapidement en retraite ; chimères, griffons, dauphins, chevaux marins existent encore, mais leur rôle est réduit, leur dimension moindre. Ainsi, les fauteuils utilisent volontiers la simple volute, en guise de console d’accotoirs à la place de génie ailé ou de tout autre monstre extraordinaire. Les bronzes d’applique sont beaucoup plus rares que sous l’Empire ; les figures mythologiques renommées, fortunes, saisons sont remplacées par des motifs plus familiers où des angelots, des lyres, des cygnes ou simplement d’inévitables palmettes éclairent, d’une note discrète, une façade tiers sobre.

La grammaire ornementale est pauvre car les placages offrent un effet décoratif qui se suffit à lui même. Les incrustations tirent leur intérêt des oppositions de couleur plutôt que des motifs stylisés qui les constituent. La principale préoccupation est de créer des meubles sans surcharge décorative car la clientèle veut des meubles aux lignes nettes, au décor sobre. Ainsi, l’ornementation d’un secrétaire se réduira à une mouluration simple, à des pieds en toupie, à trois entrées de serrure en bronze doré. Le plateau d’une table sera décoré d’un motif ovale d’une stylisation telle qu’on hésite à reconnaître une rosace entourée de deux palmettes et de six bouquets de fleurs.

Les ornements sont donc peu variés. La palmette empruntée au Directoire et à l’Empire est extrêmement répandue et revêt des formes multiples. Elle est quelquefois tellement stylisée qu’elle est méconnaissable. La lyre n’est pas non plus très nouvelle ; on la retrouve incrustée, sculptée, en bronze d’applique et aussi dans le piètement des tables. Un certain nombre d’autres éléments repris du répertoire décoratif de l’Ancien Régime subissent des modifications imperceptibles. Ce sont les oves, les rosaces, les perles, les rubans, les guirlandes de feuillage, les rinceaux... La marqueterie et l’incrustation utilisent les dessins géométriques où carrés, losanges, rectangles, cercles, ellipses se combinent à l’infini pour faire jouer les colorations diverses des bois employés.

La Restauration a donné à l’ornementation du meuble un rôle réduit sauf pour des pièces exceptionnelles comme la table offerte à Charles X par la ville de Paris. Les transformations subies par les éléments empruntés à d’autres styles sont caractéristiques rosace du croisillon, entrée de serrure mais sans grande originalité.