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 La restauratin : les lits

Ils seraient de formes multiples si l’on en croit l’abondante terminologie des contemporains. En fait, ils se ramènent comme sous l’Empire à deux types : le lit à montants rectilignes en forme de pilastre ou de colonne et le lit bateau dont un des meilleurs exemples est celui, conservé au Musée des Arts décoratifs, fabriqué par Lemarchand, en citronnier incrusté d’ébène. Il caractérise la fabrication soignée de l’époque bois clair, décor stylisé et incrusté, perfection dans l’exécution.

Les meubles

Les meubles sont nombreux et variés. La commode de style Empire, à trois tiroirs, se fabrique encore couramment jusque vers 1820 1825. Puis, peu à peu, elle s’allège, perd ses pilastres, ses colonnes, ses garnitures de bronze ; elle n’est plus en acajou, mais en bois clair décoré de sobres incrustations. Les secrétaires en armoire suivent la même évolution. Insensiblement, les bureaux que ce soit les bureaux plats, les bureaux à cylindre ou à dos d’âne se compliquent, s’alourdissent. Ils possèdent fréquemment huit pieds et des tiroirs descendant jusqu’au sol. Leur plateau s’encombre de multiples rayonnages pour classer des documents et même des livres. Ils n’ont cependant pas sous la Restauration les vastes proportions qu’ils atteindront sous Louis Philippe, mais ils sont moins élégants que ceux du XVIIIe siècle.

Les tables à manger sont elles aussi très massives. Elles utilisent quelquefois des piètements qui rappellent l’Empire figures ailées ou engainées, cygnes, cornes d’abondance, ou plus simplement et plus couramment des pattes de lion munies de griffes puissantes. Les lyres connaissent une faveur toute spéciale, comme en témoigne la table offerte par la ville de Paris à Charles X. Une multitude d’autres petites tables, d’une facture élégante et ingénieuse, peuplent les appartements de la Restauration : tricoteuses et vide poches circulaires ou ovales, tables à secrets avec des tirettes, table à déjeuner ou à thé ayant la forme d’un guéridon posé sur un fût central ou un trépied, tables destinées à des usages précis : table de travail, table à coiffer, table à jeux.

Les ébénistes de la Restauration ne se montrent pas inférieurs aux ébénistes du XVIIIe siècle dans la création de formes multiples, dans la recherche de meubles. nouveaux, destinés à faciliter la vie quotidienne, à rendre agréables et confortables les demeures de leurs clients. L’exiguïté des nouveaux appartements a incité les ébénistes à inventer des meubles à plusieurs usages. Ces meubles à deux fins sont aussi très intéressants. L’époque contemporaine, si riche en invention de ce genre n’a fait que reprendre une conception ancienne.

A ces meubles déjà fort nombreux, il faut ajouter certains héritages de l’Empire pour lesquels la Restauration n’a pas apporté de grandes modifications. Les psychés ainsi que les miroirs de toilette c’est à dire des psychés de petite dimension que l’on pose sur une commode ou une table les somnos et les lavabos ; les consoles, semblables à celles de l’Empire au début de la Restauration, utilisent aux environs de 1825 des volutes et des cornes d’abondance pour le piètement.

Le mobilier Restauration a peut être été longtemps décrié parce qu’il n’est pas facile de le définir. Recherches et incertitudes masquent ses qualités indéniables à ceux qui l’étudient superficiellement. Pourtant ces meubles pratiques, confortables, logiques et parfaitement construits ne manquent ni d’élégance ni de charme. Sobriété des lignes, tonalité claire des bois, multiplicité des formes en font les dignes continuateurs de la tradition mobilière du XVIIIe siècle.