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 Le second empire :Les matériaux

Les beaux meubles sont encore admirablement construits et utilisent des matériaux de choix. L’acajou déchu du rôle de premier plan qu’il tenait depuis Louis XVI, ne sert plus à fabriquer que des meubles courants. Le palissandre et l’ébène remportent tous les suffrages. Ces bois noirs solennels font admirablement ressortir les ornements et les tissus aux couleurs chaudes et vibrantes qui décorent les fenêtres ou recouvrent les sièges. Le poirier et le hêtre noirci continuent à imiter l’ébène pour les meubles modestes. Le chêne est réservé aux meubles néo renaissants où la sculpture joue un grand rôle.

A vrai dire, dans de nombreux cas, le bois n’est qu’un support : on incruste des bois précieux (amarante, bois de rose), des métaux (argent, acier), des matières animales (nacre, écaille, ivoire) ou même des cubes de pierres colorées pour former des mosaïques ; on applique aussi des plaques de porcelaine, des émaux, des tôles peintes ou vernies et même des fleurs desséchées placées sous une plaque de verre. Enfin, dans certains cas, on peint à même le bois de couleur sombre des motifs décoratifs, notamment floraux, en très vives couleurs. Les bronzes d’une facture extrêmement tourmentée contribuent encore à dissimuler le bois des montants, des ceintures, des corniches.

Le bois disparait aussi fréquemment dans les sièges, sous la profusion des étoffes. Il existe cependant encore des sièges à bois apparent, mais, dans ce cas, le bois est vernis, doré ou peint. Une technique très particulière et fort ancienne a été reprise avec succès sous Napoléon III et a donné naissance à des sièges légers et charmants. Ce sont des sièges dont le dossier est constitué par du « carton déguisé ». On connaissait depuis le XVIe siècle l’emploi du papier détrempé et réduit en pâte puis moulé. Mais c’est seulement en 1772 qu’Henri Clay fit faire des progrès notables à ce procédé en imaginant de recouvrir la pâte à papier de laque ou de vernis. Par adjonction de paille, de foin englué avec de la poix ou de la résine, le nouveau matériau pressé dans un moule de métal se laissait scier, polir, limer. Il devenait dès lors utilisable pour le meuble. Ces dossiers aux formes souples s’harmonisent remarquablement avec le mobilier sombre et brillamment orné de l’époque Napoléon III. On fabrique aussi de frêles chaises volantes, adaptées aux vastes crinolines.