La famille des tables est extrêmement nombreuse et variée. Toutes les dimensions existent, tous les styles ont servi de modèle. Les grandes tables de salle à manger sont de style néo renaissant tandis que la multiplicité des petites tables imitent plus volontiers le style Louis XV ou Louis XVI. Aussi, table à thé, à jeu, à ouvrage peuvent reposer sur des pieds en fuseau ou en colonnettes, tout aussi bien que sur des pieds en console chantournés le plus bizarrement du monde. Les plateaux sont ronds, ovales, en rognon, carrés, rectangulaires, octogonaux. Ils sont recouverts de marqueterie, d’incrustations très variées, de plaques de verre posées sur des fleurs séchées, de mosaïques, de verre églomisé, de cuir, d’étoffes. Les plateaux se replient de multiple façon, en deux ou en quatre parties, en éventail... Tables volantes, tables gigogne, guéridons légers augmentent encore le nombre des tables à usage défini. Beaucoup d’entre elles cachent des pupitres, des tiroirs, des cases à secrets.
Les bonheurs du jour néo Louis XVI sont d’une facture particulièrement soignée. On utilise pour les fabriquer les bois les plus précieux amarante, bois de rose, ronce de noyer, racine de frêne. On les pare d’ornements délicats roses en nacre peinte, plaque de porcelaine de Sèvres, motifs floraux (fuschia, volubilis), peints à même le bois.
Il existe aussi des bonheurs du jour en ébène marqueté d’écaille et d’ivoire dans le genre Boulle.
Les tables de toilette ont donné lieu à des réalisations très diverses. La table de toilette la plus luxueuse est de style « Pompadour ». Ses pieds chantournés abondamment sculptés et dorés supportent un plateau recouvert d’un marbre blanc ; des tiroirs logent dans sa ceinture. Plus typiquement Napoléon III est la table de toilette laquée blanc rechampi d’or ; on l’habille volontiers d’un nuage de guipure. Le bourgeois aisé se contente d’une sorte de vaste commode à l’anglaise recouverte d’un abattant qui dissimule cuvette et objets de toilette. Dans la chambre à coucher, le miroir est l’accessoire indispensable de la toilette féminine. Les psychés continuent à se fabriquer ainsi que les glaces à coiffer qu’on pose sur la table de toilette. Mais l’armoire à glace, née sous Louis Philippe, rend inutile en bien des cas ces deux sortes de miroirs.
Les nouvelles conditions d’existence imposent aux ébénistes quelques timides créations au nombre desquelles il faut signaler le porte parapluie et le porte manteau. Ces meubles dédaignés continueront à être utilisés sous la IIIe République. Les pianos et les billards ont droit eux aussi à quelques recherches décoratives. Le billard est surchargé de bronzes rutilants. Le piano est orné de marqueterie, d’incrustation de laque.