L’habileté à orner un meuble peint de filets (ou réchampis) bien droits s’acquiert par la pratique et, dans une certaine mesure, par l’utilisation d’un bon pinceau et d’une peinture de consistance adéquate. Les réchampis soutiennent les lignes d’un meuble ordinaire et lui apportent une certaine élégance ; on associera un dossier de chaise, une façade de tiroir ou un dessus de table soulignés d’un filet au mobilier de style, alors qu’un large réchampis évoquera plutôt la rusticité des meubles en pin. Récemment, j’ai pu observer une application originale de ce procédé il s’agissait d’une petite table à pieds droits entièrement décorée de lignes entrecroisées sépia sur fond gris, offrant ainsi un décor vichy encadré de bordures plus larges. Le résultat était gai, séduisant et moderne.
Quel que soit le type de réchampis que vous choisirez, il est préférable de couvrir le meuble d’une couche de vernis ou de gomme laque au préalable. Ainsi, lorsque le vernis sera sec, vous pourrez effacer les filets tremblés ou trop épais et reprendre d’une main plus sûre ; détendez vous et ne retenez pas votre souffle. Le fait de savoir que vous pourrez rattraper vos erreurs vous donnera confiance.
Il vous faudra un pinceau à réchampir, dont les soies se chargent d’une quantité de peinture suffisante pour réaliser un filet d’un seul mouvement. Ii existe deux type de pinceaux un à poils longs et un autre à poils plus courts et fournis que certains préfèrent. Ni l’in ni l’autre ne sont hors de prix, aussi je vous conseille de vous exercer avec ces deux modèles sur des planches peintes. Pour les filets courts, un pinceau en poils de martre conviendra. L’astuce des professionnels consiste à ne pas regarder le pinceau mais le point se situant juste après.
Vous pouvez également utiliser un médium transparent, moins contraignant. Les peintres emploient généralement des vernis à base d’huile teintés et dilués avec une ou deux gouttes de white spirit. Ne préparez pas trop de peinture ; une tasse à café suffit largement. Si vous préférez la peinture à l’eau, choisissez le médium, ou gel, acrylique, teinté à la gouache fine, transparent et « filant ». Ajoutez une ou deux gouttes d’eau si nécessaire.
Les réchampis en bordure sont plus faciles à exécuter car vous pouvez vous guider avec l’annulaire et l’auriculaire. Il est beaucoup plus ardu de tirer des filets intérieurs ; entraînez vous sur papier puis aidez vous d’un tracé au crayon. Le filet circulaire, par exemple sur un dessus de guéridon, représente le summum de la difficulté ; tracez le cercle au compas ou avec un crayon attaché à une ficelle.